mardi 16 juin 2026

1+1=1 ou 3 ?

C'est une équation banale, sans doute l'une des premières que vous avez apprises à l'école. La base de l'arithmétique : 1+1=2.

L'évidence même. Une vérité universelle que personne ne songerait à ébranler.

Sauf que… dans la vie réelle, les choses ne s'additionnent pas comme sur une feuille de papier.

Un nuage plus un nuage ? Un seul nuage, plus vaste, mais unique. 1+1=1.

Une pile de linge posée sur une autre pile de linge ? Une pile de linge. 1+1=1.

Si j'allais plus loin et osais le parallèle avec ma pratique : lorsque deux individus communiquent pleinement, quelque chose naît de leur relation qui transcende les deux êtres en présence, ce quelque chose existe, même s'il est difficile à nommer… 1 + 1 = 3.

L'idée n'est pas de récuser les théorèmes qu'on nous a transmis, mais de cesser de leur laisser le dernier mot, de regarder le monde par notre propre pouvoir d'observation et d'émerveillement, plutôt que par les certitudes héritées.

Car les choses sont rarement ce que nous avons décidé qu'elles devaient être.

lundi 15 juin 2026

Le bouton et le vide...

67 % des hommes ont préféré une décharge électrique à… rien. 


On place un homme seul dans une pièce pendant quinze minutes. Rien à faire, rien pour se distraire, personne à qui parler. Juste lui et ses pensées.

À la sortie, le mot qui revient n'est pas ennui. C'est souffrance.

Alors, des chercheurs ont ajouté un bouton dans la pièce qui délivre une décharge électrique, la même qu'on leur avait fait tester avant, et qu'ils avaient jugée désagréable au point d'être prêts à payer pour l'éviter. Le résultat : 67 % des hommes ont préféré s'infliger cette décharge plutôt que de rester seuls avec eux-mêmes contre 25 % chez les femmes. (Wilson et al., Science, 2014*).

Nous voilà. Nous sommes démunis devant le vide et prêts à la douleur pourvu qu'il se passe quelque chose.

Nous sommes des faiseurs, des êtres d'action. C'est par l'action que nous avons survécu, que les ponts se construisent, que les projets aboutissent, que la Lune a été conquise. Tout ce que l'humanité a de grand est sorti de cette inquiétude, de cet appel au mouvement.

Mais, nous ne sommes pas ce que nous faisons. Avoir perdu le lien avec notre intériorité, pour ce qu'elle est, et non pour ce qu'elle produit, n'est pas une bonne nouvelle. Tous les écrans à portée de main ne sont pas le remède à ce malaise : ils en sont la version moderne, le bouton qu'on presse pour ne pas avoir à se rencontrer.

Alors, je propose l'inverse. Fabriquer de l'ennui. S'asseoir, sans bouton, et observer ce qui se met à vivre en nous quand plus rien ne pousse, ne tire, ni ne discute. Écouter ce qui résonne quand on cesse d'agir. Non pour fuir l'action, mais pour qu'elle parte enfin de quelque part.

Le bouton est toujours là. La vraie liberté, c'est de ne pas le presser. 


*Wilson, T. D., Reinhard, D. A., Westgate, E. C., Gilbert, D. T., et al. (2014). « Just think: The challenges of the disengaged mind », Science, vol. 345, n° 6192, p. 75-77.

vendredi 12 juin 2026

C'est ma nature ! Vraiment ?

« Je suis de nature anxieuse. »

La phrase tombe au détour d'une séance, anodine. Celui qui la prononce porte de lourdes responsabilités dans une grande maison. Je l'arrête.
Personne n'est de nature anxieuse. La seule nature qui soit la vôtre, c'est d'être humain. Vous n'en avez pas d'autre. Tout le reste, tout ce que vous prenez pour votre nature, n'est qu'un assemblage de croyances, d'histoires, essentiellement des faussetés que vous vous racontez sur vous-même. Ces croyances vous collent à la peau et finissent par dénaturer votre rapport au monde.

D'autant que personne ne sait vraiment dire ce qu'est l'anxiété. La réponse la plus immédiate : un malaise face au futur, une anticipation catastrophiste, un rapport au lendemain comme désaxé. C'est faux. L'anxiété ne parle pas que de votre futur. Elle parle surtout de votre passé, d'une expérience que vous ne voulez pas voir se rejouer. C'est avant tout le passé qui fabrique l'anxiété. Parce que votre cerveau, lui, fait très bien son travail : il vous protège de ce qui vous a déjà blessé.

Soignez votre rapport à votre passé, à l'histoire que vous vous en racontez, et vous verrez grandir l'appétit que vous avez de votre avenir.
Car s'il est une chose excitante dans nos existences, c'est bien cette page blanche qu'on appelle demain.

jeudi 11 juin 2026

La maintenance la plus importante que vous ne ferez jamais... (ce n'est pas votre voiture.)

Votre cerveau ne travaille pas pour vous. Il travaille malgré vous.

Depuis des millions d'années, cette machine biologique prend, sans vous consulter, toutes les décisions utiles à votre survie. Elle scanne votre environnement en permanence, traque le moindre signal de danger, s'assure que vous vivrez un jour de plus. Un phénomène constant, continu, forgé à une époque où le but du jeu se résumait à ne pas mourir. La vie était plus simple avant l'invention des réseaux sociaux !

Votre cerveau est avant tout une machine à fabriquer de l'action. Il collecte une information, il déclenche une réponse. C'est son génie, mais c'est aussi son talon d'Achille.

Aujourd'hui, nous recevons des tonnes d'informations sur lesquelles nous ne pouvons strictement rien faire. Des guerres lointaines, des catastrophes à l'autre bout du monde, des crises que nous ne maîtrisons pas. Notre cerveau reçoit le signal, cherche l'action à produire et ne la trouvant pas, il tourne à vide, s'épuise et nous avec.

Par quoi commencer pour lui rendre son pouvoir ? Par le plus simple et le plus difficile à la fois. Choisir un moment de la journée où vous ne recevez rien. Pas de fil d'actualité, pas de notifications, pas de podcast en bruit de fond. Juste vous et ce qui vous entoure physiquement. 

Dix minutes suffisent. 

Ce n'est pas de la méditation, ce n'est pas du bien-être : c'est de la maintenance

Vous rendez à votre cerveau les conditions pour lesquelles il a été conçu : traiter ce qui est là, devant vous, ici et maintenant.

mercredi 10 juin 2026

Le développement personnel, et si ça ne marchait pas ?

Il faut avoir le courage de regarder le bilan en face. Depuis trente ou quarante ans, des milliards ont été dépensés en séminaires, en workshops, en retraites, en méthodes censées nous rendre plus alignés, plus sereins, plus "congruents avec nos valeurs". Des salles entières en extase un vendredi soir. Deux semaines plus tard, rien. La même personne, les mêmes schémas, la même difficulté à être au monde. Le moment est peut-être venu d'accepter le constat : ce truc ne marche pas.

C'est comme si quelqu'un vous disait : "Tu vois flou ? J'ai inventé un truc formidable", et qu'il vous mette un micro dans l'oreille. Ça ne marche pas. Ce n'est pas le bon dispositif. Le jour où quelqu'un a inventé les lunettes, le problème a cessé d'exister. Plus personne ne cherche. On voit net, point final.*

Peut-être faut-il accepter d'autres hypothèses. Peut-être que ce qu'on cherche, cet état de plénitude intérieure stable, livré clés en main par un gourou ou un week-end immersif, n'existe pas.

Mais ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter de travailler sur soi. Ça veut dire qu'il faut le faire autrement. Le vrai sujet n'est pas de vous changer, vous. C'est de changer votre rapport au monde : la façon dont vous prenez la parole, dont vous écoutez, dont vous occupez l'espace d'une relation. C'est là, dans cet entre-deux, entre soi et les autres, que quelque chose peut réellement bouger.

C'est ce que je fais depuis deux décennies. Pas de magie, pas de promesse d'extase. Une compétence voulue, un processus compris et une pratique régulière, autour de la communication, de la prise de parole et de la relation. Quand on s'y tient, oui, ça marche. Non pas parce qu'on a trouvé la lumière, mais parce qu'on a fini par trouver les bonnes lunettes !


*J'ai piqué cette métaphore et cette idée de post au neuroscientifique Albert Moukheiber que j'ai vu en conférence récemment et dont je recommande chaudement le travail !... 

mardi 9 juin 2026

Travailler à devenir libre...

La vie a une étrange façon de nous révéler là où nous ne sommes pas encore libres.

Elle place sur notre chemin des personnes, des comportements, des circonstances qui nous irritent, nous blessent ou nous mettent en colère. Être humain, c’est aussi cela : chacun d’entre nous est parfois touché, déstabilisé, débordé. Il n’y a rien d’anormal à cela.

Ces réactions ont quelque chose à nous apprendre.

Ce qui souffre, ce qui se sent offensé ou menacé, n’est pas la partie la plus profonde de nous-mêmes. C’est notre ego, notre personnalité, l’image que nous avons construite de qui nous sommes. Chaque fois que nous jugeons, blâmons, critiquons, nous plaignons ou cherchons un responsable à notre inconfort intérieur, nous nous plaçons dans une position de victime.

Ce n’est ni une faute ni un défaut moral. C’est simplement une tendance humaine.

Pourtant, cette posture a un coût. Elle revient à attribuer à quelqu’un d’autre un pouvoir sur notre état intérieur. En accusant une personne d’être la cause de notre colère, de notre frustration ou de notre souffrance, nous lui accordons implicitement une autorité sur notre paix, notre équilibre et notre bien-être.

Or cette idée est trompeuse.

Bien sûr, les actes des autres peuvent nous affecter. Bien sûr, certains comportements sont inacceptables et ne doivent pas être excusés*. Mais, sauf lorsqu’il s’agit d’une menace réelle pour notre intégrité physique, ce qui nous bouleverse le plus profondément révèle souvent quelque chose qui existe déjà en nous : une insécurité, une blessure, un sentiment de manque, une peur ou une fragilité encore inexplorée.

Ainsi, lorsque quelqu’un nous met en colère, il est possible de voir la situation autrement. Non plus comme une preuve de ce que l’autre a fait de mal, mais comme une occasion de découvrir ce qui, en nous, demande encore à être compris, accepté ou guéri.

La véritable liberté commence lorsque nous cessons de rendre les autres responsables de notre état émotionnel.

À partir de là, nous retrouvons notre pouvoir. Nous cessons de subir nos réactions pour en devenir les observateurs. Nous devenons capable de répondre plutôt que de réagir. "Response able" - Responsable. Nous assumons la responsabilité de notre monde intérieur. 

Nous découvrons peu à peu qu’aucune circonstance extérieure ne peut nous enlever ce qui constitue notre liberté fondamentale.


* Ce post n'a pas pour objet de nier la responsabilité qui incombe aux auteurs de comportements toxiques et harcelants, ni de minimiser les injustices terribles et réelles subies chaque jour par des innocents. La responsabilité de nos réactions et la responsabilité des actes d'autrui sont deux choses différentes. Les deux peuvent coexister. 


lundi 8 juin 2026

Entre vous et votre pantalon !

Une règle que je ne transgresse jamais : ne jamais porter de pantalon dit « skinny », « slim », « étroit ». Et un aveu qui va avec : je n'arrive pas à rester détendu en présence de quelqu'un qui en porte. C'est plus fort que moi. Quelque chose en moi se contracte, comme par sympathie.

Longtemps j'ai cru à une lubie. C'en est une, sans doute. Mais, il y a dessous une vérité que le théâtre m'a apprise et que la scène vérifie chaque soir : mon corps lit le corps de l'autre. Devant une silhouette entravée, un tissu qui fige les jambes, interdit l'enjambée, refuse qu'on s'accroupisse à hauteur d'enfant, mon propre système nerveux épouse la contrainte. La tension de l'autre devient la mienne. On ne se détend jamais tout à fait près de quelqu'un qui ne peut pas respirer dans son pantalon !

Car la présence, c'est aussi le costume. Le théâtre l'a toujours su : le costume n'est pas une décoration posée sur l'acteur, c'est un outil qui le transforme. Mettez à quelqu'un les bottes d'un roi et sa démarche change avant même qu'il ait parlé. La recherche a fini par nommer ce que les comédiens pratiquent d'instinct, c'est l'enclothed cognition : le vêtement ne modifie pas seulement le regard des autres, il modifie l'état intérieur de celui qui le porte. On ne joue pas pareil selon ce qu'on a sur le dos. On ne vit pas pareil.

C'est là que le pantalon étroit commet son méfait. Il ampute l'ancrage. La présence se joue d'abord dans les jambes : sentir le sol, planter ses appuis, respirer jusque dans le bassin, pouvoir s'avancer vers l'autre d'un grand pas franc. Le skinny vous vole tout cela. Il raccourcit la foulée, verrouille l'assise, interdit le geste ample. Pire : il vous rappelle sans cesse à vous-même. Il pince, il serre, il réclame une part de votre attention et cette part-là, vous ne l'avez plus pour l'autre. Or la présence n'est rien d'autre que de l'attention rendue disponible. Un vêtement dont on a conscience est un vêtement qui vous retient en vous.

D'où ma recommandation, et c'est la seule règle qui vaille : le confort vestimentaire doit primer. Toujours. Le confort, à y regarder de près, c'est une affaire d'espace : il faut un espace entre le corps et le vêtement. Cet espace est celui du confort, mais il est surtout celui du mouvement, et le mouvement, c'est la vie.

Le pantalon étroit abolit cet espace. Il colle, il épouse, il supprime le jeu, au sens où l'on parle du jeu d'une mécanique, ce léger vide sans lequel rien ne tourne. Plus d'espace, plus de mouvement ; plus de mouvement, plus de vie qui circule. Le tissu devient une seconde peau qui ne respire pas, et l'on finit par retenir son corps comme on retient son souffle.

Offrez-vous cet espace, au contraire, et tout se remet à bouger : la foulée s'allonge, le bassin respire, le geste retrouve son ampleur. Vous oubliez votre vêtement, et c'est précisément quand on l'oublie qu'il fait bien son travail. Le bon costume disparaît pour ne laisser que vous, libre de vos mouvements, donc disponible à l'autre. Car l'élégance vraie n'a jamais été d'être bien habillé. C'est d'être assez libre dans ses habits pour ne plus y penser, et n'offrir à celui qui vous fait face que votre présence entière.

vendredi 5 juin 2026

Créer des liens...

En écho au billet d'hier, cette phrase d'Irvin Yalom, le psychothérapeute, qui prolonge exactement celle de Cyrulnik : "le lieu de la guérison, c'est la relation".

Voilà deux hommes qui ont passé leur vie penchés sur l'âme humaine, qui pointent le même endroit. Le bonheur s'y loge, dit l'un. La guérison aussi, dit l'autre. La relation n'est donc pas un agrément de l'existence, une douceur en plus : elle en est le terrain même. La relation est une nécessité, pas une option.

Voici ce que cela change : si la relation est à ce point vitale, alors la comprendre et la travailler n'est plus un luxe. C'est prendre soin de l'essentiel. Or, et c'est toute mon affaire (mon combat ?), la maîtrise relationnelle n'est pas un don tombé du ciel, réservé à une élite. Elle s'apprend, se développe, se renforce. C'est comme un muscle ou un instrument sur lequel faire ses gammes.

Le bonheur et la guérison logent dans le lien. 

Autant apprendre à le tisser.





jeudi 4 juin 2026

Savoir ce qu'est le bonheur...

J’écoute Boris Cyrulnik dans une interview radiophonique. Il dit : le bonheur, c’est la relation et le sens. 

Rien d’autre, pas la performance, pas la réussite, pas l’argent, pas la possession.


La relation et le sens.


Depuis, je reviens souvent à cette phrase dans mes moments de doute, quand je ne sais plus très bien ce qu’il faudrait faire pour avancer, quand il est compliqué d’être humain…


Quelle relation est-ce que je nourris ? Le sens que je donne à ma vie ?


Le brouillard se lève un peu.


Avec qui ? Pour quoi ?


Le reste suit.



Invité de 8h20 — Le Grand Entretien, sur France Inter, le jeudi 16 avril 2026.

vendredi 29 mai 2026

Une trace dans l'infini...

Hier, je comptais les années. Vingt-sept de sommeil, onze de travail, une sur les toilettes, et au bout du compte, quinze ans à peine qui nous appartiennent vraiment. J'avais laissé la question ouverte : où planter son drapeau dans ce petit territoire ?

Il y a une autre façon de regarder le problème, et elle ne parle plus de durée. Elle parle de ce qui reste, mais pas pour nous, après nous.

L'anthropologue Ernest Becker, prix Pulitzer en 1974 pour Le Déni de la mort, partait d'un constat sans concession : l'homme est le seul animal qui sait qu'il va mourir, et ce savoir lui est insupportable. Pour le tenir à distance, dit-il, chacun se lance, souvent inconsciemment, dans ce qu'il appelait un projet d'immortalité. Écrire un livre, fonder une famille, bâtir une œuvre, transmettre un métier. Créer ou rejoindre quelque chose dont on pressent qu'il nous survivra. Non par vanité, mais par besoin que notre passage sur Terre ait pesé quelque chose, que la mort ne réduise pas tout à zéro.

Le tableau d'hier peut alors se lire autrement. Les quinze années « qu'il nous reste » ne se mesurent plus seulement à ce qu'on en ressent sur l'instant, mais à ce qu'elles laissent derrière nous. Une heure passée à apprendre quelque chose à quelqu'un n'occupe pas plus de temps qu'une heure passée sur TikTok, mais elle ne pèse pas le même poids une fois qu'on n'est plus là pour la vivre.

Nous voici, justement, à un moment singulier de notre histoire. Nous vivons à l'ère où la machine produit de la trace à l'infini : des textes, des images, des mélodies, par millions, sans fatigue et sans fin. Becker pensait que nos projets d'immortalité nous distinguaient des bêtes. Il faut désormais ajouter : ils nous distinguent aussi de la machine. Plus la production automatique devient abondante, plus l'empreinte d'une présence réelle : une voix qui a vraiment vécu ce qu'elle nous raconte, une transmission qui passe d'un être à un autre, tout cela redevient rare, et donc précieux.

C'est peut-être la vraie réponse à la course contre le temps. On ne la gagne pas en grattant quelques mois sur le sommeil ou nos trajets professionnels. On ne la gagne pas non plus en rêvant d'éternité, Becker, comme les Anciens, savait qu'une vie infinie se viderait de son sens. On la gagne en logeant, dans ces quinze ans, quelque chose qui nous dépasse. 

Pour que le peu de temps qui est nôtre continue de travailler quand nous ne serons plus là pour le compter. 

N'est-ce pas là aussi ce pourquoi ce blog est là sous vos yeux ?

jeudi 28 mai 2026

Le temps qu'il nous reste...

Vous pensiez avoir le temps. Une vie, c'est tout de même quelque chose. Puis viennent les chiffres, qui nous ramènent à une réalité un peu triste, un peu déconcertante. La vie n'est pas courte. Mais elle n'est pas longue non plus.

Sur vos quatre-vingts ans, à peine quinze vous appartiennent vraiment. Le reste est déjà pris, réparti, réservé avant même d'avoir été vécu.

Vingt-sept ans passés à dormir. Onze ans à travailler. Six ans à cuisiner et à manger, cinq ans coincé dans les transports ou dans le trafic, quatre ans à faire des courses et à vous débattre avec la paperasse, trois ans dans votre salle de bains et pour les autres tâches ménagères. Ajoutez-y trois ans de petite enfance dont vous ne vous souvenez pas, trois années d'école, un an alité par la maladie, et un an, oui, un an, assis sur vos toilettes.

Faites le compte. Ce qui reste tient dans une décennie et demie. Quinze ans de vie pleinement à vous : pour aimer, créer, regarder le ciel, ne rien faire qui serve à quelque chose.

La leçon n'est pas de courir plus vite pour gratter quelques mois sur le sommeil ou le trafic. Ce serait passer à côté. La leçon, c'est que ces quinze années ne se trouvent pas dans une colonne séparée du tableau. Elles sont cachées dans les autres. Un repas peut être du temps perdu ou le meilleur moment de la journée. Un trajet, une corvée ou une parenthèse. La qualité de présence que vous mettez dans les vingt-sept ans transforme ce décompte.

Le temps qui vous appartient n'est pas celui qui reste. C'est celui qui vous voit vivant et présent.

mercredi 27 mai 2026

"More human than human"

« Plus humain que les humains. » Dans le film culte "Blade Runner", c'était le slogan de la Tyrell Corporation pour vendre ses androïdes. Une promesse industrielle : fabriquer des êtres plus humains que les humains eux-mêmes.

Quarante ans plus tard, la phrase a changé de camp. Elle ne décrit plus ce que la machine doit devenir. Elle décrit ce que nous, humains, devons aspirer à être.

Face à une intelligence artificielle qui surpassera bientôt l'humain sur presque tous les terrains techniques, notre seule stratégie individuelle tient en une ligne : devenir des experts en humanité. Maîtriser de façon souveraine ce qui restera, par construction, hors d'atteinte de l'IA.

Négocier un désaccord. Convaincre une salle. Embarquer une équipe. Tenir une scène quand tout vacille. Faire rire un comité exécutif. Inspirer confiance en trente secondes, dans le corps, dans la voix, dans le regard. Tout cela est humain, et le restera pour toujours.

Plus votre expertise en humanité sera puissante, plus votre valeur sera intacte dans les années qui viennent. Le reste sera absorbé.

La question n'est donc plus « comment je m'adapte à l'IA ? ». Elle est : « qu'est-ce que je travaille aujourd'hui qui me rendra humainement irremplaçable demain ? »

"Captiver & Convaincre". "Crever l'écran". "Winning Hearts and Minds".

Ces compétences ne sont plus des soft skills. Ce sont, désormais, les hard skills du siècle.

C'est par là qu'il faut commencer.




mercredi 20 mai 2026

Devenez Maestro du PowerPoint



La bonne réponse à la question posée par le post d'hier tient en une phrase que Robert Gaskins, l'inventeur de PowerPoint, avait pitchée à Bill Gates en 1987 avec deux mots précis, modestes, presque désarmants : il avait conçu PowerPoint pour produire des aides visuelles

Les mots comptent parce qu'ils disent exactement ce que personne ne fait. Une aide, par définition, est subordonnée. Elle est au service de quelqu'un, votre auditoire, à qui vous vous adressez. 

Vos slides devraient être là pour ceux qui vous écoutent. Et pour eux seulement.

Une aide n'occupe pas la scène, elle l'éclaire. Voilà pourquoi quatre-vingt-quinze pour cent de ce qui se projette aujourd'hui dans les salles de réunion du monde n'est pas une aide visuelle : c'est un concurrent. Un concurrent que vous avez vous-même installé derrière vous et qui crée une distraction mortelle pour l'intérêt que votre auditoire vous portait jusque-là !

Mort par PowerPoint, donc, et la mort, ici, n'est pas une métaphore, c'est devenu un protocole.

Trois critères, et trois seulement, distinguent une vraie aide visuelle de tout ce qui est projeté de nos jours. 

Le premier : elle montre ce que la parole ne peut pas dire. Un graphique de tendance, une photographie, un schéma, une carte, un visage, un avant-après. Tout ce qui appartient au régime du visible et qui, traduit en mots, perdrait son évidence ou exigerait trois minutes d'explication poussive là où l'œil comprend en une seconde. Le test est imparable : si ce que vous projetez peut être dit à l'oral, ce n'est pas une aide visuelle, c'est un prompteur. Pire, un prompteur affiché en grand derrière vous, lu par tout le monde plus vite que vous ne le prononcez. Qui transforme votre prise de parole en lecture à voix haute d'un document que l'auditoire aurait pu lire seul, en silence, en deux fois moins de temps.

Le deuxième critère : elle se lit instantanément. Deux secondes, trois maximum, puis l'œil revient à vous. L'attention humaine est un budget fini, et chaque seconde passée à déchiffrer votre slide est une seconde qui ne vous écoute pas. D'où la règle, d'une simplicité enfantine et pourtant jamais respectée : un seul message par diapositive, exprimé visuellement, et non sept bullet points qui sont en réalité sept diapositives mal déguisées en une seule. 

Le troisième critère, le plus oublié, le plus puissant : elle disparaît quand elle a fini d'aider. L'écran noir, la touche B, la diapo noire entre deux moments visuels, ce sont des outils essentiels que presque personne n'utilise, parce que personne n'a appris qu'une image qui reste affichée continue de capter le regard, même quand l'orateur est passé à autre chose. Une aide visuelle bien conçue apparaît au moment précis où elle aide, et s'efface au moment précis où elle cesse d'aider pour commencer à parasiter. 

Alors la prochaine fois que vous ouvrez PowerPoint, posez-vous la seule question qui compte : ce que je m'apprête à projeter aide-t-il ceux qui écoutent à mieux comprendre ce qui est dit, ou le remplace-t-il ? Si c'est la seconde réponse, fermez le logiciel. 

Vous savez désormais ce que personne autour de vous ne sait. À vous d'en faire quelque chose demain matin ! 

Tout le monde me dit ne plus supporter tous ces tunnels de slides soporifiques, mais ce sont exactement les mêmes que je vois le lendemain s'y engouffrer ! Que le changement commence par vous.


PS : Ces trois critères sont issus de la deuxième partie de « Captiver et Convaincre ». Si le sujet vous intéresse pour vos équipes, je suis joignable en MP.

mardi 19 mai 2026

Toujours plus de morts par PowerPoint




Il y a quelque chose de touchant à observer, dans une salle de réunion, un cadre supérieur diplômé d'une grande école, salaire à six chiffres, lancer son fichier .pptx avec la même assurance qu'un pilote de ligne enclenche son pilote automatique. « Business as usual». Il fait ce que tout le monde fait. 

C'est exactement le problème. 

Demandez autour de vous à quoi sert PowerPoint. Vraiment, faites le test à la machine à café, au prochain dîner, dans l'ascenseur. La réponse arrivera, unanime, désarmante de candeur : « à faire des présentations ».

Voilà. 

Quarante ans d'existence de ce logiciel, des milliards de slides projetées sur la planète, des trillions de bullet points alignés, tous au cordeau, et le consensus mondial tient en quatre mots. 

Quatre mots qui sont tous faux. 

Une présentation, ce n'est pas un fichier. Ce n'est pas une succession de diapositives. Ce n'est pas un PPT qu'on lit à voix haute en tournant le dos à son public. 

Une présentation, c'est un être humain qui parle à d'autres êtres humains. 

Vous êtes la présentation.

Le drame n'est pas culturel, il est mimétique. On utilise PowerPoint comme les autres l'utilisent, c'est-à-dire mal, parce qu'on n'a jamais vu personne l'utiliser autrement. Comme tout le monde fait pareil, personne ne s'aperçoit que tout le monde se trompe. Le résultat, on le connaît : des slides surchargées que l'orateur lit de dos pendant que l'auditoire les lit de face, plus vite que lui, ce qui produit ce moment exquis où quinze personnes ont fini la diapo 8, pendant que le malheureux en est encore à introduire le sous-titre. 

Alors revenons à l'origine du désastre. À quel usage Robert Gaskins, l'ingénieur qui a inventé PowerPoint dans une petite boîte appelée Forethought, destinait-il son logiciel quand il l'a vendu à Bill Gates en 1987 ? Pas à faire des présentations, non. Cela existait déjà : on appelait ça parler. Il a pitché tout autre chose à Gates, quelque chose de bien plus modeste, bien plus précis, et bien plus honnête. Quelque chose qui, si chacun s'en souvenait avant d'ouvrir son fichier .pptx, épargnerait à l'humanité des millions d'heures de souffrance hebdomadaire et autant de scolioses naissantes.

Vous pensez avoir la bonne réponse ? Donnez-la moi en commentaire !

Indice : ça n'a rien à voir avec une salle de réunion, encore moins avec un comité de direction, et l'inventeur s'est lui-même excusé publiquement de l'usage que l'humanité avait fait de son invention. 

À vos claviers. 

La révélation (!) demain matin !

lundi 18 mai 2026

Cachez ces narines que je ne saurais voir...

 



Regardez les trois photos ci-dessus. Vous n'avez pas besoin d'explication, la démonstration saute aux yeux. Pourtant, neuf personnes sur dix qui prennent la parole en ligne se présentent dans la première configuration, le visage qui remplit le cadre, les épaules coupées, le menton qui flotte près du bord supérieur. Cette distance-là, en présentiel, est habituellement réservée à ceux qu'on embrasse ! 

C'est la distance intime, celle qu'Edward T. Hall situait entre zéro et quarante-cinq centimètres, celle du chuchotement, de la confidence et du contact physique imminent. Imposée à un client en rendez-vous ou à un auditoire de quinze personnes, elle produit un malaise diffus que personne n'identifie, mais que tout le monde ressent : on est trop près de vous, on ne sait plus où regarder, votre visage devient un paysage scruté pli par pli au lieu d'être un signal au service d'un propos.

La bonne distance, c'est la troisième photo, à la limite la seconde. Cadrage poitrine, buste dégagé, mains qui peuvent entrer dans le champ quand elles racontent quelque chose. Bref, ce que Hall appelait la distance sociale, celle de la réunion professionnelle, de l'entretien, de la prise de parole devant un groupe restreint. À cette distance, votre gestuelle redevient lisible, votre respiration redevient visible, votre présence cesse d'être un gros plan involontaire pour redevenir une adresse. C'est là que tout se joue : en ligne, votre présence repose sur trois canaux : le visage, la voix, le geste. Coupez le geste, ramenez le visage à un format passeport collé contre la lentille, et il ne vous reste plus que la voix pour exister. Vous venez de diviser votre présence par dix. Vous l'avez fait sans le savoir, parce que l'ordinateur est posé sur le bureau, que la caméra est là où elle est, et que personne ne vous a jamais dit qu'il fallait reculer.

Reculez.

Quarante à soixante centimètres de plus, parfois davantage. Surélevez la machine pour que la caméra soit à hauteur de vos yeux et non en contre-plongée sur votre menton. Si l'écran devient trop loin pour être lu, branchez un second écran, agrandissez la police, ou imprimez vos notes. On s'arrange toujours avec la logistique, on ne s'arrange jamais avec une présence amputée. Ce micro-réglage, qui prend trois minutes à mettre en place une fois pour toutes, change radicalement ce que vos interlocuteurs perçoivent de vous : un orateur posé dans son espace, qui occupe son cadre, dont le corps participe au discours. Pas un visage écrasé contre une vitre.

La puissance des outils n'a jamais activé la présence de personne. C'est l'inverse. 

La première décision qui sépare ceux qui captivent en ligne de ceux qui s'y épuisent (et nous épuise !) tient dans un geste aussi banal que de reculer sa chaise.


vendredi 15 mai 2026

Un, deux, trois ?...

La musique…

Combien de fois me suis-je retrouvé devant un morceau à me demander où était le premier temps, le second, où placer l’accent ?… Toutes ces questions théoriques. Elles ne m’ont jamais empêché de faire de la musique. Mais elles ont souvent laissé un léger goût amer. La sensation de ne pas entendre totalement. Pas correctement. Pas “comme il faudrait”.

Puis, avec le temps, une évidence apparaît : la musique ne dépend jamais que des oreilles qui l’écoutent.

Les seuls moments où il devient réellement important d’entendre ce que les autres entendent, ce sont ceux où nous devons jouer ensemble. Là, oui, il faut se rejoindre et trouver un terrain commun. Il est important de respirer au même endroit et de respecter les conventions.

Mais, pour tout le reste… faites comme il vous plaît.

Que votre premier temps soit là où vous avez envie qu’il soit.

Les autres et leurs conventions n’ont de valeur que lorsqu’ils nous enrichissent, nous ouvrent des portes et nous permettent d’aller plus loin.

S’ils vous donnent surtout le sentiment de ne jamais être à la hauteur, alors il est peut-être temps de changer de crémerie.





jeudi 14 mai 2026

Voyages, voyages...

Nous voyageons de plus en plus et nous découvrons de moins en moins.


Rome est une ville magnifique. C’est vrai.

Le Colisée est impressionnant. La fontaine de Trevi l’est aussi. Le Vatican est à couper le souffle.

Pourtant, au milieu de ces foules compactes, de ces milliers de téléphones levés, de ces selfies identiques pris exactement au même endroit, une question a fini par surgir dans mon esprit :


Qu’est-ce que voyager réellement ?


J’étais à Rome ces derniers jours pour travailler.

J’en ai profité pour y rester un peu avec ma femme qui découvrait la ville. Je regardais tous ces gens consommer les monuments comme on coche des cases. À la façon de travailleurs épuisés du « métro, boulot, dodo », pour eux c'était « voir, photographier, poster ». Puis passer au monument suivant, à la prochaine adresse.


Mais que voit-on encore lorsque tout a déjà été vu ?

Que ressent-on lorsque chaque angle de vue a déjà été photographié des millions de fois ?


Le tourisme de masse ressemble parfois à une étrange tentative de validation collective.

Nous allons là où les autres sont allés pour reproduire les images qu’ils ont eux-mêmes reproduites.


Le vrai voyage est ailleurs. Il faut qu’il soit ailleurs.


Il commence peut-être précisément lorsque le confort disparaît un peu, lorsque nous ne maîtrisons plus totalement, lorsque nous nous retrouvons dans un endroit où nous ne comprenons pas bien la langue, où nous risquons une panne, une erreur, une mauvaise rencontre ou, au contraire, une rencontre qui nous bouleverse.


Voyager, ce n’est peut-être pas que changer de décor. C’est aussi accepter d’être déplacé intérieurement, de se retrouver désorienté. 


Certains traversent la planète sans jamais quitter leurs habitudes, leurs certitudes ou leur petit personnage social. D’autres vivent une aventure à quelques centaines de kilomètres de chez eux parce qu’ils acceptent enfin de regarder vraiment. 


Je crois que les voyages les plus intéressants sont ceux qui portent la trace du désir singulier de quelqu’un et non pas ceux dictés par les algorithmes, les tendances ou les « must see ».


Si votre voyage est le vôtre, s’il raconte quelque chose d’intime, d’étrange, de risqué ou de profondément humain… alors oui, peut-être aurai-je envie de voir vos photos.


"Shout out" à mon frère Pierre-Olivier et à mon cousin Julien qui revient d’Afrique, qui eux, semblent vivre ce type d’expérience où le voyage redevient une aventure humaine plutôt qu’une consommation de lieux et d’images ainsi qu'à mon ami de toujours, Lionel, qui m’a plus d’une fois emmené dans des voyages de ce genre dans lesquels jamais je ne me serais lancé sans son énergie et son appétit de vie…

mercredi 13 mai 2026

Sérieusement, du vinyle ?

Une bonne fois pour toutes : le son d’un disque vinyle n’est pas « meilleur ».

Je sais que cette phrase ressemble à un blasphème pour certains.
Et pourtant…

Le vinyle est une technologie née dans les années 20. Une invention magnifique pour son époque, révolutionnaire même. Mais, aussi une technologie mécanique, fragile, limitée, capricieuse.
Du souffle. Des craquements. Une dynamique réduite. Une sensibilité aux vibrations, à la poussière, à l’humidité, à l’usure. Une pointe qui frotte physiquement dans un sillon. Archaïque !

Malgré cela, beaucoup continuent d'affirmer que “ça sonne mieux”.

Pourquoi ?

Parce que l’être humain confond très souvent qualité et sensation.

Le vinyle ne sonne pas plus fidèle. Il apporte une couleur, une déformation et même une patine. Une forme de nostalgie acoustique. Cette nostalgie est bien réelle, mais elle ne caractérise pas un meilleur son. Loin de là !

Ce qui est fascinant, c’est que nous faisons exactement la même chose dans nos vies professionnelles.

Dans mes formations à la prise de parole, je vois des personnes s’accrocher à des façons de communiquer anciennes, rigides, parfois inefficaces… simplement parce qu’elles leur semblent « plus sérieuses », « plus professionnelles », « plus authentiques ».

Comme le vinyle.

On confond souvent l’habitude avec la vérité. L’ancien avec le meilleur. Le familier avec le performant.

Combien de dirigeants continuent à parler avec une voix monocorde parce qu’on leur a appris qu’il fallait “rester sobre” ?
Combien de présentations interminables survivent simplement parce que “c’est comme ça qu’on a toujours fait” ?
Combien de personnes pensent encore qu’être crédible signifie gommer toute spontanéité, toute émotion, toute présence vivante ?

Là aussi, il y a du souffle. Des craquements. Des parasites.

Et pourtant, certains y voient de « l'authenticité ».

Attention : je ne critique ni le vinyle… ni le passé.
Je comprends parfaitement le plaisir presque sensuel qu'il y a à poser un disque sur une platine. Comme je comprends le charme d’un vieux micro Neumann, d’une caméra super 8 ou d’un carnet papier.

Mais, il faut distinguer deux choses :
ce qui nous touche… et ce qui est objectivement meilleur.

Le danger commence lorsque la nostalgie devient une idéologie, parce qu’alors, nous cessons d’évoluer.

Le monde de la communication est rempli de vinyles : de vieilles méthodes qui résistent au changement, des codes morts maintenus juste parce qu'ils marchent, de postures poussiéreuses qui ne donnent que l'illusion du sérieux.

Pendant ce temps, les êtres humains, eux, attendent autre chose. Ils veulent de la présence, du relief, une vibration réelle, quelque chose qui soit vivant. Vraiment vivant !

Cela ne vient jamais d’une vieille technologie qui nous rappelle à nos anciennes amours.

Cela vient toujours d’un être humain qui ose être là.


lundi 11 mai 2026

Ce qui fait la connexion...

Notre éducation, celle que nous ont donnée nos parents et que le système éducatif est venu renforcer, nous ont appris à parler comme il faut, à faire des phrases propres, à obéir aux règles de la grammaire, à vouloir supprimer les hésitations, les silences et les aspérités.
Tout cela dans un effort de crédibilité. 

Mais, à force de vouloir paraître crédibles, beaucoup finissent par devenir absents !

Mon expérience me le montre tous les jours : ce qui capte notre attention d'êtres humains, ce n'est pas la perfection. C'est la présence. Une présence qui est parfois imparfaite, hésitante et vulnérable, mais qui est habitée.

Lors d’une réunion, d’un rendez-vous ou d’une présentation, la différence saute immédiatement aux yeux et aux oreilles entre quelqu’un qui récite ce à quoi une intervention “devrait” ressembler… et quelqu’un qui est réellement là.

Le problème est que nous sommes programmés à vouloir contrôler notre image. Les réseaux sociaux sont venus ajouter une pression supplémentaire. Nous voulons paraître en contrôle de qui nous sommes et de ce que nous disons et nous en oublions d'habiter notre parole. 

Convaincre n'est pas une question de performance. C'est une question de contact. De connexion.

Cette connexion se vide d'elle-même lorsque toute notre énergie est mobilisée à "bien faire".

Ce que cela signifie pour vos interventions et vos présentations, c'est l'importance de votre préparation et de votre implication. Car ce sont elles qui vous permettront ensuite de lâcher sur le reste. De laisser l'imparfait qui compose votre humanité de s'exprimer. Votre naturel.

Il ne s'agit pas "d'être vous-même", cette expression n'a pas beaucoup de sens. Il s'agit de vous laisser être naturel. "Comme vous êtes", pour paraphraser le slogan d'une grande marque de fast-food !

À cette condition seulement, vous retrouverez la chose la plus précieuse dans toute communication : celle de donner à votre auditoire la sensation d'un être humain réellement présent devant lui. 

dimanche 10 mai 2026

Au coeur de la relation...

Être avec l’autre n’est pas une chose aisée.

L’empathie ne vient pas naturellement. Elle s’apprend, se cultive et s’entretient.

Lorsque nous faisons le choix de privilégier la relation plutôt que la pulsion, de rester attentifs aux besoins d’autrui plutôt qu’à notre confort immédiat, nous créons les conditions de l’harmonie.

Mais, nous sommes bien plus souvent aspirés vers l’inverse.

La colère, la rancune, l’orgueil ou la peur nous entraînent rapidement dans le conflit et son lot de frustration, d’incompréhension et de tristesse.

Reconnaître qu’il est difficile de se mettre réellement à la place de son voisin est peut-être un premier pas essentiel.

Nous pouvons observer davantage ou écouter un peu mieux, prendre conscience que le même environnement ou les mêmes mots, voire les mêmes silences, ne sont pas vécus de la même manière par chacun.

Peut-être qu’au fond, devenir plus humain commence là.


mardi 5 mai 2026

Do, do, do...

À moins d’agir, il ne s’agit que de rêves, de vœux pieux, de croyances.

C'est là l’un des pièges les plus subtils du développement personnel.
On apprend. Souvent, il s'agit de concepts pertinents, voire brillants. On ressent même cette petite montée intérieure, une forme d’épiphanie tranquille. On comprend.

Et puis… rien.

Rien, parce que sans passage à l’acte, sans incarnation, sans répétition, rien ne bouge vraiment. Un être humain ne change pas parce qu’il a compris. Il change parce qu’il a fait, suffisamment longtemps pour que le corps prenne le relais de la tête.

C’est d’ailleurs sur cette faille que prospère une partie de l’écosystème en ligne. Non pas par malveillance systématique, mais parce que comprendre donne une illusion de progrès. On consomme, on enchaîne, on accumule… et l’on remplace une idée par une autre, puis une autre encore.

Jamais nous n’avons été aussi informés de ce qu’il faudrait faire pour aller mieux. Rarement avons-nous aussi été à ce point immobiles face à toute cette masse d’informations.

Alors simplifions.
Face à une prise de conscience, votre seule mission est la suivante : la traduire en action.

Pas en intention. En action.

“Je devrais être plus présent avec mes enfants” est une croyance totalement inefficace. Ce savoir ne vous empêchera pas de consulter votre téléphone toute la soirée.
En revanche, “Ce soir, de 18 h à 20 h, mon téléphone reste dans un tiroir, dans le bureau”, change la donne.
Là, vous êtes engagé.
Le lendemain, vous bouclez. Deux minutes suffisent : qu’est-ce qui a fonctionné ? Qu’est-ce qui mérite d’être ajusté ? Puis vous recommencez.
C’est dans cette boucle simple : comprendre, faire, ajuster, que le changement s’installe.

Chez Najberg Milne, c’est exactement le principe qui structure notre formation “Captiver et Convaincre”. Chaque prise de conscience est immédiatement mise en pratique, puis répétée. 

La tête éclaire, le corps intègre.

C'est cette alliance qui, avec le temps, transforme vraiment les comportements.

Le reste n’est qu’une forme élégante de distraction.

lundi 4 mai 2026

Docteur Freeze !

J'en ai souvent parlé sur ce blog : la réaction fight or flight ou Combat / Fuite en situation de stress...

Cette réaction est celle dans laquelle nous tombons lorsque nous prenons la parole en public. Si vous l'apprenez aujourd'hui, sachez que pour des raisons de psychologie évolutive, la prise de parole est interprétée par notre cerveau comme une situation dangereuse. Nous prenons le risque d'être exclus du collectif (humiliation) et cette interprétation conduit au déclenchement d'un réflexe de survie, le même que celui que nous déclencherions dans un métro face à une terroriste…

Ça, c'est ce que nous croyions au début du siècle, avec les travaux de Walter Cannon...

Mais, les choses ont un peu changé, et je voudrais affiner ce concept avec vous aujourd'hui !

Stephen Porges et sa théorie polyvagale sont venus depuis 1994 compléter ce modèle.

Ce que nous dit Porges, c'est que les deux premières réactions restent vraies, mais qu'il s'en ajoute une troisième qu'il appèle "freeze". Le "freeze" n'est pas un corollaire de la fuite, il ne s'agit pas de faire l'autruche, il s'agit d'une réaction du système nerveux qui s'apparente à une forme de "shutdown" partiel. Le système nerveux se gèle pour limiter le risque et pour analyser la situation du mieux qu'il le peut. 

Ce que cela donne lorsque vous prenez la parole et que vous reconnaîtrez peut-être : des trous de mémoire, des sensations de vide mental, la respiration qui se coupe ou se bloque et enfin l'impossibilité d'enchaîner. 

Bien sûr, cette réaction est elle aussi issue du système nerveux autonome. Il n'est pas possible de la raisonner ou de la conscientiser. 

Pour la contrer ou la minimiser, ce que je vous proposais auparavant reste pertinent : respirer et préparer !

lundi 20 avril 2026

Le talent se construit, la preuve par trois... filles !

La question du talent divise encore aujourd'hui. Mais elle divisait tout autant dans les années soixante, avec cette différence que certains étaient prêts à en faire une démonstration radicale, là où nous nous contenterions d'en débattre prudemment.

László Polgár était de ceux-là. Psychologue hongrois, convaincu que le génie n'est pas une loterie génétique mais le produit d'une éducation intensive et précoce, il voulait en apporter la preuve. Il lui fallait un domaine mesurable, quantifiable, avec des classements incontestables. Il choisit les échecs. Il lui fallait aussi des sujets d'expérience. Il décida que ce seraient ses propres enfants. Problème : il n'en avait pas encore !

Ce qui suit tient du roman. Polgár rédige plusieurs lettres à des femmes qu'il ne connaît pas, leur exposant son projet éducatif avec une franchise déconcertante. Une institutrice ukrainienne, Klara, lui répond, par hasard homonyme de son futur mari. Ils s'écrivent, se rencontrent, se plaisent. Ils se marient et ont deux filles. Puis une troisième.

Seul obstacle : les échecs sont, à cette époque, un univers quasi exclusivement masculin. László ne s'en émeut pas. Il applique sa méthode. Susan, Sofia, et Judit grandissent avec des pièces d'échecs comme d'autres enfants ont des jouets. Elles jouent des milliers de parties, analysent, recommencent.

Le résultat ? Susan devient grande maîtresse internationale. Sofia, maîtresse internationale. Judit, la cadette, atteint le titre de grande maîtresse à quinze ans et sept mois, battant le record de Bobby Fischer, et finira par figurer parmi les dix meilleurs joueurs du monde, hommes confondus.

Le talent n'était pas donné. Il a été construit, pièce par pièce, année après année, par une famille qui avait décidé de prendre cette question très au sérieux.

Et vous : quel potentiel dormant pourriez-vous commencer à révéler dès demain ?

lundi 30 mars 2026

AI and I

Je parle beaucoup, dans mon travail sur la relation à l'IA, de présence et de puissance. Mon hypothèse est simple : l'humain fait ce que l'humain fait de mieux — créer — et l'IA lui donne une puissance qu'il n'aurait jamais eue seul. Un modèle gagnant, selon moi. Pas une réponse à tous les défis que l'IA va poser à notre civilisation, mais au moins un contrepoint aux discours doom and gloom ambiants : un peu d'espoir en l'humain, qui franchement ne fait pas grand-chose pour le mériter en ce moment.

Aujourd'hui, j'ai eu envie de joindre le geste à la parole.

Depuis quelques jours, alors que je travaille sur la sortie de mon premier album après celle de mon premier EP, j'ai eu l'idée de sortir un album intitulé IA and I.

Le principe : je reste auteur, compositeur, interprète. Je fais ce que je sais faire. J'invoque ensuite la puissance de l'IA pour l'orchestration et tout ce que je ne maîtrise pas, et pour lesquels j'aurais autrefois eu besoin d'un directeur artistique et d'un producteur.

Il restait un problème de taille : l'IA ne savait pas modéliser ma voix. L'album pouvait exister, mais sans moi, ce qui me semblait vider le projet de son sens.

Depuis quelques jours, Suno v5.5 permet de cloner les voix.

Je vous soumets donc deux versions. 

La maquette d'abord : ma composition brute, ma voix, rien d'autre, auteur, compositeur, interprète. 

Maquette

Puis la version Suno v5.5.

Suno v5.5

Qu'en pensez-vous ?

Je ne vous demande pas de juger de la qualité de la chanson, vous l'avez compris... C'est une maquette jetée sur mon téléphone en quelques minutes !

Ma question : pensez-vous que la créativité humaine pourrait, ou devrait, s'arrêter là ? 

Pour vous, est-ce toujours de la création ?

J'ai vraiment hâte de vous lire. 

Dans un ou deux ans, les aptitudes de l'IA à orchestrer ce genre de maquette devraient avoir atteint un niveau tel qu'il sera difficile de différencier ce que la machine peut produire de la production d'un studio d'enregistrement professionnel. 

Cela peut soit nous angoisser, soit nous libérer...


jeudi 26 mars 2026

Ce que Marie Kondo ne range pas...

Un livre sur le rangement qui est un best seller planétaire et cela ne surprend personne ?

Marie Kondo, la magie du rangement? La magie, vraiment ! 

Qu'est-il arrivé à notre civilisation pour que quelque chose d'aussi trivial et ennuyeux, comme le rangement, devienne quelque chose qui porte en lui une forme de magie...

Pourquoi la planète s'inquiète-t-elle de l'ordre dans ses placards...

Le plaisir du rangement cache en fait quelque chose de bien plus triste... et cela parle de notre, de votre psychologie...

Nous accumulons.

Nous n'accumulons pas par hasard ou parce que notre génétique nous relierait aux écureuils, nous accumulons parce que ce n'est jamais assez. Parce que nous ne nous voyons pas comme étant assez.

Nous avons besoin de nous prouver notre valeur, que nous méritons d'être aimés, d'être respectés, d'être entendus. Tous ces achats sont là pour nous le signifier, plus à nous-mêmes qu'aux autres d'ailleurs.

Problème : nous nous sentons soulagés pendant deux jours, puis le vide se fait à nouveau sentir. Parce que la source de ce vide n'est pas dans nos placards, il est en nous. 

Nous désespérons de validation externe. Nous cherchons notre valeur dans les yeux des autres et cette accumulation matérielle en est le symptôme le plus visible.

Pourtant, nous sommes dignes d'être aimés, d'être respectés et entendus. Nous le sommes par essence. 

Ce que nous sommes déjà est ce que nous recherchons !

Marie Kondo ne vend pas du rangement. Elle vend l'espoir qu'une fois nos placards bien rangés, quelque chose s'apaisera à l'intérieur. Elle n'a pas tort sur la méthode, juste sur la direction.

Cette course absurde peut cesser dès maintenant.

Si vous en faites le choix.

Rien de ce qui est à vendre ne peut vous donner ce que vous avez toujours eu.



mercredi 25 mars 2026

Un avenir plus humain ?

Quel est le propre de l'humain ?

À l'ère de l'intelligence artificielle, la question prend une acuité particulière.

Puisque la machine nous surpasse désormais sur le terrain de l'intelligence, qu'est-ce qui nous rend si uniques ? Si irremplaçables ?

Est-ce le rire, comme le dit l'aphorisme ?

Vraiment ?

Non. Certains animaux perçoivent la dimension comique d'une situation, comme les bonobos. Si nous sommes les seuls à fréquenter assidûment les "comedy clubs", c'est sans doute parce que nous avons une conscience plus aiguë que le reste du règne animal de la misère de notre condition !

Non, le propre de l'homme est de faire surgir ce qui n'a jamais existé, ce qui ne répète rien de ce qui fut. C'est, de mon point de vue, une faculté bien trop peu étudiée.

Le propre de l'homme est de créer.

Vraiment de créer, pas d'optimiser, pas de reproduire ou de compiler l'existant en lui donnant une meilleure forme. Créer ce qui n'était pas. Ce dont l'intelligence artificielle est incapable : elle qui ne fait que répéter, agencer, perfectionner tout ce que nous avons déjà produit.

L'IA nous offre alors une opportunité sans précédent : celle de nous délester enfin des tâches qui ne sont pas à la hauteur de ce que nous sommes. Cette révolution a le potentiel de nous rendre plus humains, en nous laissant le temps de ne nous consacrer qu'à ce qui nous rend humain : inventer, imaginer, créer.

La vraie question n'est donc pas de savoir si l'IA nous remplacera.

C'est de savoir si nous serons à la hauteur de ce qu'elle nous offre.


mardi 24 mars 2026

Désolé, plus le temps !

Une amie était invitée à intervenir lors d'une conférence. Le thème importe peu.

Elle avait préparé une présentation pour l'occasion. 
Une fois de plus… elle n’a pas eu le temps de présenter ce qu'elle avait préparé.

Pourquoi ?

Parce qu’un « ponte » a jugé essentiel de revenir longuement sur les présentations précédentes et le timing a explosé.

“C'était important.” Donc c’est comme ça. Désolé.

Vous avez peut-être déjà vécu ça.

Ce moment où votre place disparaît, non pas faute de valeur, mais faute de cadre.

Alors remettons les choses à leur juste place. 

Les arguments ne sont jamais plus importants que les personnes. 

Aucune intervention, aussi brillante soit-elle, ne vaut plus que le temps qu’une ou un autre a consacré à préparer la sienne.

Ce qui se passe ici ne s’appelle pas un aléa d’agenda. Ça s’appelle de l’irrespect.
Pas intentionnel, bien sûr, mais le résultat est le même.

Lorsque personne ne tient la montre, alors plus personne n’en est responsable. L'irrespect s’installe sans que personne ne trouve à y redire. On trouverait même de bonnes raisons à ce que cela se soit passé ainsi. "Les gens avaient besoin de parler, ce que ce grand homme avait à dire valait que le timing soit bousculé, etc..."

Non ! Cette paresse n'a aucune justification !

La solution est simple : avant même la première prise de parole, quelqu’un doit être nommé gardien du temps. Ce n'est pas une mission à confier au « groupe », pas plus que ce ne sont des incantations du style :  « on fera attention ». 

Quelqu’un. 

C’est son rôle et sa responsabilité de protéger l’agenda, donc de protéger les personnes. Sans aucune exception et sans se laisser impressionner par les titres. Un bon gardien du temps est une personne qui prend son rôle à cœur et qui sait interrompre quand c'est nécessaire. Cela peut demander un peu d'entraînement. Mais, cela vient vite et cela peut même devenir jouissif avec ces fameux "pontes"...

Parce que non, un « ponte » n’a pas plus de valeur qu’un autre dans une salle.

Entre nous… ils parlent souvent déjà beaucoup trop.

Moi, c’est votre voix que j’ai envie d’entendre. Celle que vous avez préparée. Celle qu’on n'écoute pas assez. 

Faites-vous entendre !


jeudi 19 mars 2026

Moments fondateurs de l'humanité...

Il y eu le feu.

Il y a eu l'électricité.

Il y a l'Intelligence Artificielle.

C'est à ce point...

mercredi 18 mars 2026

MYGA

Une chose dont vous pouvez être sûr : à un moment de votre vie, vous avez été un formidable communicant.

Vous alliez vers les autres sans hésiter.
Vous ne vous demandiez pas ce qu’ils allaient penser de vous. Si vous aviez une question, vous la posiez.
Et si cette jolie blonde vous plaisait, après un léger pincement au cœur… vous finissiez par aller le lui dire.

Oui, vous avez été capable de tout cela.
Et même si vous ne vous en souvenez plus très bien, ce petit être capable de ce qui vous paraît aujourd’hui être des exploits… avait entre trois et six ans.

Et c'était vous !

Les enfants humains sont presque tous d’excellents communicants.

Certains sont plus culottés que d’autres, plus malins ou plus charmeurs. Mais observez un anniversaire d’enfants de cet âge : personne ne reste sur le carreau. Tout le monde trouve sa place, entre en relation, négocie, séduit, proteste, propose.

Communiquer fait partie des aptitudes dont la nature nous dote. Notre survie en dépend.

Le travail d’un petit humain est simple : trouver des appuis, des alliés, des soutiens. Parce qu’à cet âge, il est petit, fragile, dépendant de tout… et pourtant incroyablement actif dans la relation.

Alors oui, vous avez tous été formidables.

Et aujourd’hui, avouons-le, lorsque vous prenez la parole, vous êtes souvent hésitants, maladroits, retenus… parfois même franchement médiocres.

C’est pour cela que mon métier tient en un slogan très simple :

MYGA.

Make You Great Again.

Parce que ces talents que vous aviez étant enfant, vous les avez toujours.
Tapis, enfouis sous des couches de croyances absurdes, de fausses vérités vous concernant...

Vous pouvez traverser tout cela et retrouver cette aisance…

Il ne s'agit pas d'apprendre, il s'agit de réactiver. Il ne s'agit pas de découvrir, il s'agit de vous voir donner ce qui est déjà à vous !

Et si ça, ce n'est pas un projet fascinant, alors je me demande bien ce qui pourrait l'être !

mardi 17 mars 2026

On vous interrompt sans arrêt ? Voilà une solution !

On vient souvent me voir avec cette question.

Très souvent, vous, mesdames.

« Comment faire pour ne plus être interrompue lorsque je parle en réunion ? »
« Je commence à présenter mon idée, et quelqu’un prend la parole. Parfois poliment. Parfois beaucoup moins. J'ai du mal à m’en remettre. Alors j’abandonne. »

La situation est fréquente. 

Très fréquente.

Qui ne l’a pas vécue ?
Qui ne s’est pas senti un peu idiot, diminué, ou même humilié après avoir été coupé de cette manière ?

Alors, comment faire ?

La réponse tient en un mot.

Énergie.

Le problème n’est pas l’interruption.
Le problème, c'est la chute d’énergie qui suit l’interruption.

Quelqu’un vous coupe la parole, et parce que vous êtes surprise, votre énergie retombe.
C'est à ce moment-là que la conversation vous échappe. 

La clé est simple : ne laissez pas votre énergie retomber.

Lorsque quelqu’un vous coupe, restez au même niveau d’énergie que celui dans lequel vous étiez lorsque vous étiez en train de parler.

C’est cette continuité énergétique qui vous permet de reprendre la parole.

Pensez à ces joggers qui simulent des foulées au feu rouge avant de traverser ! Ou si vous étiez une boxeuse, ne vous arrêtez pas de taper dans l'air, de rester dans le combat, de soutenir l'effort... 

Plus efficace encore, la meilleure manière de se remettre d'une interuption, c'est de ne pas être interrompue.... et pour cela, il suffit parfois simplement d'augmenter légèrement le niveau d'énergie avec lequel vous vous exprimez.
La plupart des gens parlent en réunion à des niveaux trop faible, des 3 sur 10.

C’est mou et fragile. Bref, facile à interrompre.

Si vous montez à 6 ou 7, il devient déjà beaucoup plus difficile de vous couper.

Et si quelqu’un tente malgré tout de le faire…

Passez à 8.

8 !

Vous restez calme.
Vous restez polie.
Mais l’énergie est là.

Tout le monde dans la salle comprend immédiatement :

Ce que vous dites compte.
Ce n’est pas seulement dans votre tête, c’est tout votre corps qui parle et qui est engagé dans votre parole. On dirait que cela vient du cœur.

Tout votre être semble dire :

« Ce que je dis est ce que je suis. Alors laissez-moi finir ma phrase. »

Cependant attention !

L’autorité ne vient pas de l’agressivité.
Elle vient d’un mélange très particulier : beaucoup d’énergie… et beaucoup de calme.

Vous restez polie et posée, et votre énergie ne bouge pas.
Tout le monde dans la salle comprend que ce que vous dites compte.

En réalité, l’équation est très simple :

Autorité = Énergie × Calme

Si l’énergie tombe, ou si le calme disparaît, l’autorité s’effondre. 

Racontez-moi vos expériences d'interruptions ! 
Quelles stratégies vous êtes vous trouvées pour reprendre la main ?