jeudi 21 janvier 2021

Nietzsche, le génie... et Mozart..

 Nietzsche, une fois encore... Une citation un peu plus longue mais qui en vaut la lecture :

"Manifestement, les hommes ne parlent de génie que là où ils trouvent le plus de plaisir aux effets d’une grande intelligence et où, d’autre part, ils ne veulent pas éprouver d’envie. Dire quelqu’un « divin » signifie : « Ici, nous n’avons pas à rivaliser. » Autre chose : on admire tout ce qui est achevé, parfait, on sous-estime toute chose en train de se faire ; or, personne ne peut voir dans l’oeuvre de l’artiste comment elle s'est faite ; c’est là son avantage car, partout où l’on peut observer une genèse, on est quelque peu refroidi ; l’art achevé de l’expression écarte toute idée de devenir ; c’est la tyrannie de la perfection présente. Voilà pourquoi ce sont surtout les artistes de l’expression qui passent pour géniaux, et non pas les hommes de science ; en vérité, cette appréciation et cette dépréciation ne sont qu’un enfantillage de la raison."

Mettre d'autres êtres humains sur un piédestal et leur conférer des qualités surhumaines n'est qu'une manière bien pratique de ne pas rivaliser ! 

Je ne le répèterai jamais assez, le génie n'est que celui de la lampe. Les autres, ceux que l'on dit géniaux, n'ont fait que suivre un chemin que très peu osent emprunter.

Enfin, comme l'affirme Nietzsche, personne ne veut voir ce qu'une oeuvre contient d'efforts et de douleur. Personne ne veut entendre parler des brouillons, des échecs et des doutes. L'oeuvre paraît plus belle si elle semble avoir toujours existé et faire partie des miracles de la création. Mais ce n'est pas le cas. Dans chaque sonate de Mozart on peut entendre la sueur et la tristesse, toute une jeunesse sacrifiée, les heures de travail accumulées pour tenter de la voir renaître... mais pour cela il faut tendre l'oreille et entendre au delà des notes, bien au delà des notes...










mercredi 20 janvier 2021

Passe par les villages...

 
Joue le jeu.
Menace le travail encore plus.
Ne sois pas le personnage principal.
Cherche la confrontation.
Mais n’aie pas d’intention.
Evite les arrière-pensées.
Ne tais rien.
Sois doux et fort.
Sois malin, interviens et méprise la victoire.
N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant.
Sois ébranlable.
Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond,
prends soin de l’espace
et considère chacun dans son image.
Ne décide qu’enthousiasmé.
Echoue avec tranquillité.
Surtout aie du temps et fais des détours.
Laisse-toi distraire.
Mets-toi pour ainsi dire en congé.
Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau.
Entre où tu as envie et accorde-toi le soleil.
Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus,
penche-toi sur les détails, pars où il n’y a personne,
fous-toi du drame du destin, dédaigne le malheur,
apaise le conflit de ton rire.
Mets-toi dans tes couleurs, sois dans ton droit,
et que le bruit des feuilles devienne doux.
Passe par les villages, je te suis.

(Extrait de Par les villages, pièce de Peter Handke)

Vous entre vous et vous... et par rapport à vous !

Nous sommes poussés à penser dès notre plus jeune âge que la comparaison a du sens, que les progrès et les avancées des autres peuvent éclairer nos propres avancées, qu'il y aurait une course à courir et un vainqueur à l'arrivée, qu'il n'y a qu'un gâteau et qu'il nous faudrait une part la plus grosse possible...

Il n'y a rien de plus faux. 

La vie n'est pas une course. A la fin, il ne s'agira que de vous-même, face à vous-même. Où seront-ils tous ces "autres", au moment du grand bilan ? 

La comparaison n'a pas de sens. Les autres ne sont la mesure de rien pour ce qui concerne les objectifs qui sont les vôtres. Vous ne devez vous comparer qu'à vous-même, ce vous-même du passé qui n'avait pas encore travaillé ou atteint ses objectifs ! Vous ne devez avoir pour échelle que ce frémissement qui vous dit que vous êtes sur le bon chemin, que c'est cela que vous aimez faire, que c'est ainsi que vous voulez vivre. Cela peut-être dans un bois, sous une tente, par moins 20 degrés Celsius, ou dans un hôtel de luxe sur la côte d'Azur, il n'y a que vous pour le savoir... 

mardi 19 janvier 2021

Le plus beau !

Un ami m'a envoyé une photo de moi, une photo prise il y a 35 ans. 

Lorsque je me suis vu comme je ne m'étais pas vu depuis toutes ces années, j'ai eu un choc !

J'étais beau, jeune, plein de vie, une peau fraîche et bronzée... Beau !

Le savais-je à cette époque ? Non ! Pire, je me pensais laid, sans charme et sans grand intérêt... Je n'avais aucune idée de cette puissance que j'avais entre les mains et de tout ce potentiel qui ruisselait de chacun de mes pores !

Ce dont j'ai conscience aujourd'hui, c'est de l'existence de ce pouvoir. Il n'est peut-être pas aussi immense qu'il ne l'était le jour de mes 17 ans, les possibles ce sont réduits, mais il en reste assez pour vivre une belle vie, assez pour créer, pour inventer, dans tout ce qu'être vivant me donne de force et de pouvoir ! 

Vous êtes plus fort que vous ne l'imaginez, plus inventif que vous ne le croyez, plus intelligent qu'on ne vous le fait entendre, plus beau que vous ne le pensez ! Alors qu'est-ce qui vous retient maintenant !?











lundi 18 janvier 2021

Enfin une réponse à la question du sens de la vie...

Responsabilité.

Ce qui donne sens à notre vie, c'est ce choix de prendre la responsabilité de nos actions. De décider de lever cette pierre, de nous engager dans cette direction, de produire notre art et d'affirmer ensuite à la face du monde : c'est moi qui l'ai fait, c'est moi qui l'ai décidé... et d'en endosser toutes les conséquences.

Il n'y a rien d'autres que nous ne puissions envisager pour donner un objet à nos existences que ce sens de la responsabilité, qui est la seule façon dont nous disposions d'accroître le respect que nous avons pour nous-même... Autrement, nous sommes fragiles, influençables, mortels, faibles... mais nous avons ce pouvoir, cette capacité à être responsable : "J'ai soulevé cette pierre, j'ai élevé cet enfant, j'ai construit ce pont..."

Éviter la responsabilité, c'est éviter la vie... ce qui lui donne son sens. 

L'alternative donne les jeux vidéos, le plaisir immédiat, la gratification instantanée... L'adolescence éternelle !!

La chose n'est pas tout à fait la même pour les femmes et pour les hommes...

Pour les femmes, c'est un rien plus simple (et non plus facile), parce qu'il y a cette évidence biologique, imprégnées dans nos cerveaux. Les femmes ont cette responsabilité essentielle de se mettre au service de l'espèce et d'en assurer la survie. Il y a cette urgence, voire parfois cette évidence. Cela ne fait pas tout et ne concerne pas toutes les femmes, mais c'est ainsi.

Pour les hommes, la chose est plus complexe parce qu'il leur faut choisir ce dont ils seront responsables. Leur famille, leur art, leur rose... Pour eux, c'est un choix. 

Pour les unes, comme pour les uns, c'est un choix essentiel.

vendredi 15 janvier 2021

C'est quoi : travailler ?

C'est quoi travailler ?

Sur la route des progrès, il est une évidence : cela demande du travail. Il en est une autre : travailler et maîtriser les composantes de ce travail est une compétence en soi. Savoir que travailler, quand, à quel moment, dans quelle ordre pour une ingestion optimale... Tout cela s'apprend et se prépare.

Comme on le voit, travailler n'est pas une question de quantité, mais bien une question de qualité. Il y a plus à gagner à travailler intelligemment, en conscience, que d'accumuler des heures et des heures de pratiques.

jeudi 14 janvier 2021

De l'absolu nécessité de la perspective...

Notre cerveau n'est pas le maître de la perspective. 

Lui montrer une mer d'huile, il ne verra que la bouée saillante sur les flots. Bouée qui en dépit de sa petite taille deviendra le point de focal qui relèguera tout le reste au second plan. 

Placer un gratte-ciel aux côtés de la bouée, et voilà que les vraies dimensions de l'objet nous sont rappelées et qu'il devient possible de voir à nouveau tout l'océan que nous avons devant nous.

C'est malheureusement un peu de la sorte qu'il nous faut fonctionner. Dans une mer de facilité, il est facile de se laisser dérailler au moindre petit accroc. Dans une journée relaxante et détendue, un léger mal de ventre, une petite migraine prennent des proportions qu'ils n'auraient pas si nous avions le gratte-ciel d'une maladie grave à leurs côtés... 

C'est pour cela qu'il faut contraindre le cerveau à cet effort de perspective et lui rappeler, lorsque nous perdons notre sang froid pour des broutilles ou lorsque l'angoisse monte pour peu de chose, qu'il est plus grave, plus menaçant, plus angoissant et que nous n'en sommes pas là...

Imaginer le pire, le plus terrible, le plus abominable nous donne une perspective parfaite aux petits accrocs du quotidien qui prennent bien souvent trop de place dans nos journées !