lundi 21 mai 2018

Question de date de naissance...

A tous ceux persuadés que certains parmi nous sont nés avec quelque chose en plus, que Mozart est né avec la musique dans ses oreilles ou qu'Einstein rêvait de galaxie à moins de 6 mois, j'aurais cette question : si Van Gogh, ce peintre génial, devait naître aujourd'hui ?... que ferait-il ?... avec ses gènes de peintre génial, que peindrait-il ?
La réponse, je vous la donne : il est fort peu probable qu'il deviendrait peintre. Il est fort probable qu'il ferait autre chose.
Si la demande est là, il est normal que certains parmi nous s'adaptent à cette demande et s'y investissent plus que d'autres...
Mozart : forte demande de musique classique inspirée par les têtes couronnées
Michel-Ange : forte demande de décorations religieuses, de représentations du monde, la Renaissance
Einstein : forte demande de compréhension de notre univers, de notre monde.
Si Einstein était né au Moyen-Age, aurait-il fait les mêmes découvertes ? Il paraît évident que non.
Si Mozart devait naître aujourd'hui, il ne serait pas compositeur de musique classique, personne ne s'intéresserait à son travail...
C'est la demande qui créé l'intérêt, qui créé le désir, qui créé le travail, qui construit le génie.

vendredi 18 mai 2018

Bathos

Bathos est une figure de style qui consiste à interrompre la gradation par un effet comique, ironique...
Bathos, c'est une pression dramatique qui monte, qui monte et... une blague, un contre-pied dramatique.
Bathos, c'est la chute. Du sublime vers le commun.
Les films de super-héros de ces dernières années appliquent jusqu'à la nausée ce principe, jusqu'à épuisement de tout drama. On ne croit plus en rien, parce que les personnages ne peuvent pas mourir et qu'au moment le plus critique, l'un d'entre eux se réfugie dans l'humour.

Bathos, pour nous, c'est renoncer au sublime par peur de ce sublime et se réfugier dans une forme d'humour, une forme d'autodérision. C'est renoncer au moment ou l'émotion est à son comble. C'est ne pas vouloir reconnaître en soi cette puissance et minimiser ce que nous accomplissons. Le rendre commun.

Ce que vous faites, vos accomplissements, c'est du sérieux. Le commun n'y a pas sa place.

jeudi 17 mai 2018

The hardest worker in the room...


Qu'est ce que réussir ?
Je vois sur Youtube des dizaines de vidéos inspirationnelles qui toutes font la démonstration que la réussite, c'est d'être celui qui travaille le plus, qui se défonce alors que les autres restent nonchalamment sur leur chaise à se demander ce qu'ils auraient dû faire quand ils étaient encore jeunes, intelligents, prêts à tout ou sans enfant !
Ces vidéos ou ces articles font tous l'apologie, à grand renfort de musique grandiloquente, d'une certaine forme de réussite. Une réussite clinquante et visible et reconnue socialement. A les entendre, réussir, c'est avoir une place dans le who's who. C'est être devenu quelqu'un dont on parle, que l'on reconnaît, qui existe aux yeux des autres, qui a un impact, que l'on peut remercier pour une raison…
Bref, le génie existe dans les yeux de tous ceux qui ne le sont pas ! La réussite, c'est s'élever au dessus des autres.
C'est peut-être ça. Peut-être Einstein a-t-il réussi ? Peut-être était-il un génie ?
Il y a d'autres formes de réussites. Des manières de s'accomplir sans devenir le plus musclé, le plus intelligent, le plus démonstratif… Sans être le plus travailleur de la pièce ("the hardest worker in the room"). Cette forme de réussite, c'est celle que vous vous choisissez avec la connaissance de qui vous êtes et de ce qui vous stimule et vous fascine, avec la famille qui est la vôtre, avec les amis qui vous entourent… Cette forme de réussite n'appartient qu'à vous et elle ne vous donnera sans doute pas de figurer en première page des journaux, encore que… mais elle vous apportera tout le bonheur et toute la paix de l'âme qu'une femme ou une homme peut désirer.
La réussite se mesure aux yeux de chacun. C'est quelque chose de personnel. Quelque chose qui se choisit aussi. Il est possible de regarder autour de soi, en soi, et de se dire : "J'ai réussi !".

mercredi 16 mai 2018

Il est toujours possible de s'inscrire...

La formation est commencée depuis le 14 mai, mais il est encore possible de vous y inscrire pendant quelques jours...
Si vous voulez porter vos présentations au niveau supérieur et comprendre de quoi vous êtes vraiment capable en la matière, c'est le moment !

Pour vous inscrire, suivez le lien ci dessous :
https://www.unow.fr/formations/communiquer-efficacement-storytelling/

Enfin, il me reste quelques places pour la session interentreprises des 5 et 6 juin prochains. 
Je vous y attends !


Ce moment où tout bascule...

Pour tout projet, il y a un point de bascule, un moment où cela passe, ou cela marche, ou des résultats se font voir. Ou bien le contraire, un moment où il devient évident qu'il faut faire marche arrière.
Ce moment précis est celui que nous cherchons. Il est le produit de mois, d'années de préparation et de travail. Mais il est aussi le plus visible et il est facile de se leurrer et de penser que tout est arrivé à ce moment là. Percer, comme on le dit, n'arrive pas du jour au lendemain. 

mardi 15 mai 2018

Et même si vous aviez raison...

Il y a une chose que nous avons tous en commun et j'en ai fréquemment parlé sur ce blog, c'est notre besoin viscéral d'avoir raison, de confirmer que ce que nous croyons est universel ! C'est rassurant, mais c'est faux. Il n'y a même rien de plus faux. Ce que nous croyons est unique et ne concerne que nous.
Autre aspect de notre persona, celle de vouloir nous montrer sous notre meilleur jour. Nous voulons que les autres aient de nous la représentation la plus valorisante possible. Nous voulons être aimé, apprécié, faire partie de la bande !
Avoir raison et faire belle figure !
Si vous mêlez les deux, vous ne verrez jamais quelqu'un admettre qu'il avait tort et que vous aviez raison, parce que cela le ferait passer pour un imbécile ou pour quelqu'un qui n'a pas la force de ses opinions !
C'est pour cela qu'il est possible de voir des gens s'entêter à défendre un point de vue alors que l'évidence leur indique que ce point de vue est daté, faux, erroné... Il préfère défendre l'indéfendable que de reconnaître leur erreur et ne plus arborer cette belle figure.
Raison de plus pour ne pas tenter d'avoir raison et pour valoriser ceux que vous avez en face de vous.

lundi 14 mai 2018

Tactique et Stratégie

Pour moi, ce qui appartient à la tactique, ce sont les éléments du puzzle, les petites choses à mettre bout à bout pour obtenir un résultat. Tactique : jour après jour, au quotidien. On peut changer de tactique d'un instant à l'autre, parceque cela semble fonctionner mieux que cela ne fonctionnait hier. 
Une tactique est mouvante, changeante, multiple, innovante, sujette à l'erreur...
La stratégie, elle, est plus profonde, plus ancrée. On ne peut en changer tous les jours, au risque de se perdre. La stratégie, c'est le grand but, le grand objet. La stratégie se veut solide, définitive dans le laps de temps qui lui est fixé, unique à peu de choses près...

Il faut les deux. Evidemment. Mais il est facile de se laisser aller à ne faire que de la tactique. Manager est avant tout une affaire de tactique. Et c'est ce qui est attendu d'un bon manager. Savoir identifier les opportunités avant les autres, avoir un coup d'avance.
Un coup d'avance ne fait pas une stratégie. Une stratégie c'est mille coups d'avance. C'est voir avant que cela ne soit seulement envisageable. C'est Musk il y a quinze ans. C'est Jobs en 1997. 
Il faut les deux et s'assurer que les deux sont là !

J'ai découvert ce poème en Espagnol qui fait merveilleusement bien la différence entre stratégie et tactique. Heureux les hispophones qui pourront comprendre ces mots. 



Táctica y estrategia 


Mi táctica es mirarte 

aprender como sos 
quererte como sos.


Mi táctica es hablarte 
y escucharte 
construir con palabras 
un puente indestructible


Mi táctica es quedarme 
en tu recuerdo 
no sé cómo ni sé 
con qué pretexto 
pero quedarme en vos


Mi táctica es ser franco 
y saber que sos franca 
y que no nos vendamos 
simulacros 
para que entre los dos 
no haya telón 
ni abismos


Mi estrategia es 
en cambio más profunda 
y más simple


Mi estrategia es 
que un día cualquiera 
no sé cómo ni sé 
con qué pretexto 
por fin me necesites.


Mario Benedetti