mardi 20 août 2019

Merci, mais non merci !

Le problème avec ce besoin d'installer le "feedback" dans la culture des organisations est le fait que la plupart des ceux qui sont censés donner ce "feedback" le font mal, en dépit des formations qu'ils reçoivent.
D'abord, ce genre de commentaires sur les performances de nos pairs n'est pas naturel. Nous sommes des êtres d'instinct. Nous nous reniflons les uns les autres pour tenter de déceler les signes de nos humeurs. Exprimer ces humeurs peut ainsi paraître soit redondant, soit grossier.
Ensuite, la plupart des gens tombent dans le piège du "feedback correctif" qui n'est rien d'autre et je l'ai assez souligné sur ce blog que de la critique. Ce qui fait qu'un collaborateur qui aura reçu ce type de "feedback" n'aura pas d'autre réaction que de dire et de se dire : "Merci, mais non merci !" - "Ton feedback, tu peux te le garder !"
Et tout cela fait beaucoup plus de mal de que de bien... En fait, ne rien dire permettrait de meilleurs résultats !
Alors que faire ?
Ma suggestion : ne rien forcer - Insister sur les nécessités positives de ces retours - y aller par petites touches - montrer l'exemple - montrer l'exemple et enfin et surtout : montrer l'exemple.
Le feedback (positif par nature) et ses possibilités de transformation culturelle commence par la tête...
À vous managers de leur dire et de leur montrer combien vous leur devez, combien vous les admirez, combien vous les trouvez fantastiques ! Et si cela vous paraît difficile, demandez-vous bien pourquoi cela le serait moins pour eux vis à vis de leurs collègues !

lundi 19 août 2019

Vous et vous et vous...

Il y a cette expression qui dit "ce n'est jamais personnel"... et cela sonne faux.
Il semble au contraire que tout soit personnel. Que cette façon de nous regarder, de nous parler, ce ton de voix, cette manière d'interagir soit en fait tout ce qu'il y a de plus personnel. Si ce n'était pas moi en face de cette personne, il y a fort à parier que son attitude, son comportement serait différent. C'est donc bien personnel, puisque ma personnalité affecte l'autre...
Pourtant, il est bien exact de dire que rien n'est personnel. Ne n'agissons et nous n'interagissons qu'en fonction de qui nous sommes... Nos colères, nos émotions, nos ressentis nous appartiennent, ils ne sont pas ce que les autres en font ou en décident.
Dans une situation de communication, il est aisé de prendre une insulte personnellement et de se sentir vexé. Pourtant, tout ce que cette insulte décrit, c'est l'état émotionnel de la personne qui est en face de vous. Elle est en colère. C'est son émotion qu'elle vous signifie.
Vous pouvez prendre la colère et doubler la mise : vous mettre en colère à votre tour.
Vous pouvez aussi refuser la charge émotionnelle qui vous est transmise, la laisser se diffuser et choisir l'émotion que vous voulez ressentir.
Vous n'êtes jamais ce que les autres disent de vous...

vendredi 16 août 2019

Déposer une idée, est-ce une bonne idée ?

Nous passons beaucoup de temps à nous demander comment protéger nos idées et préserver cette sensation que nous sommes les premiers, que cette idée nous appartient, que nous marchons sur des terres inexplorées et qu'être les premiers est la garantie de notre succès.
Tout d'abord, être premier n'est la garantie de rien. L'inventeur du premier micro-ordinateur est inconnu du reste du monde (John Blankenbaker ?), y compris de moi-même et c'est pour cela que je n'en dis pas plus. Je connais Steve Jobs. Son "Macintosh" n'était pas le premier ordinateur personnel, il était le premier à trouver son marché.
Protéger une idée est très souvent une perte de temps, parce que les idées sont multidirectionnelles, nuancées, difficiles à caractériser... et qu'il est toujours une échappatoire pour qui voudrait s'inspirer de votre travail. En revanche, s'il est quelque chose d'important avec une nouvelle idée, c'est celle de la partager, de la répandre, de la suivre et d'être de ceux qui en comprennent les tendances futures, les possibles qui s'ouvrent à partir de l'idée de départ... C'est de cette compétence, celle de comprendre ce qui pourrait se produire, que viendra le succès.

mercredi 14 août 2019

Les nuances du langage...

J'en parlais sur ce blog, certaines langues étrangères disposent de mots dont nous n'avons pas l'équivalent en Français... et en matière de langage, tout est dans la nuance. Malheureusement, il n'est pas de langage qui soit à ce point nuancé, qui dispose de cette infinité de dégradés qui puisse caractériser nos ressentis et la richesse du monde. Il n'est pas deux manières identiques d'être triste ou joyeux ou honteux. Les nuances de nos émotions sont infinies, celles du langage très, trop finies !
Il existe alors un site pour nommer ces émotions, ces ressentis pour lesquels nous n'avons pas de mots. Si vous êtes de ceux qui, comme moi, portent une cicatrice sur leur corps pour laquelle vous éprouvez une certaine fierté, parce que c'est bien là la preuve que la vie continue, il existe un mot : "scabulous".
Ou ce sentiment que tout ce que vous faites ne fonctionne pas, alors que les autres semblent mieux s'en tirer que vous : "Pâro".

Il y a les mots que les autres langages nous offrent et que nous aurions tort de ne pas utiliser, parce que c'est en combinant nos différences que nous devenons plus semblables... puis il y a les mots que nous nous donnons, qui nous révèlent nos mondes intérieurs et leur richesse et ces mots nous donnent de partager cette richesse avec d'autres. Ainsi qu'il en est pour tout langage...

mardi 13 août 2019

Cambridge Analytica

L'affaire vous aura sans doute interpelé, un temps.
La leçon reste qu'il n'est pas sage d'échanger nos données, ce que nous faisons sur le web contre des photos de chatons et des vidéos de mauvaises chutes !
La leçon est que nous devenons le produit. Nous devenons des marionnettes entre les mains de décideurs qui n'ont pas plus d'intérêt pour notre bien-être et à un avenir meilleur pour notre civilisation qu'ils n'en ont pour leur première chaussette.
Cela a des conséquences. L'élection de Trump et le Brexit (c'est l'affaire Cambridge Analytica) sont directement expliqués par le travail illégal mené par cette société.
L'illégalité est avérée.
La tricherie qu'elle représente aussi.
Trump est toujours au pouvoir.
Le Brexit doit avoir lieu au 31 octobre.
Je croyais que tricher n'était pas jouer. Qu'un tricheur devait rendre sa médaille. Qu'un tricheur devait subir la colère populaire.
Alors ?

lundi 12 août 2019

Qui s'en soucie ?

Il y a l'expression : "Qui s'en soucie ?", qui revient à "On s'en fout, non ?"
Cette expression veut effectivement dire que cela n'a pas d'importance. Mais si on la prend au pied de la lettre ? Si cela devient une vraie question ?
Qui s'en soucie ? Qui est là, nommément, pour s'assurer que nos clients reçoivent ce pour quoi ils comptent sur nous, dans les temps et avec toute l'attention nécessaire ?
Qui a cette responsabilité ?
Quelles sont les ressources qui lui sont allouées ?
Est-il ou est-elle écoutée par le reste de l'équipe ?
Son rôle est-il suffisamment valorisé ?
Qui s'en soucie ? À moins de répondre à cette question, alors cela veut dire que oui, on s'en fout !

vendredi 9 août 2019

Costumer centric, my ass...

La plupart des entreprises auxquelles nous avons affaire prétendent que nous avons de l'importance à leurs yeux. Que nos points de vue, notre expérience, la façon dont nous percevons leurs produits, que tout cela compte.
Et puis, le jour où cela se passe mal, il n'est pas rare de constater que tout cela n'était que du vent. Qu'en fait, ce n'était que des mots et qu'il n'y a personne pour mettre en oeuvre ces belles promesses...
Pourtant, il n'est pas si difficile de donner cette impression aux clients qu'ils sont importants. Il suffit de recruter des individus pour qui cela compte, de leur donner cette responsabilité et de leur donner les moyens de montrer cette attention.
Si une entreprise affirme que le client est au centre de ses préoccupations, alors qui est en responsable, qui a en charge le fait de le montrer, de quelles ressources disposent-ils pour que les clients se sentent respectés ?... À moins d'individus en charge de ces promesses, il n'y a aucune chance pour que cela soit appliqué et donc aucune chance pour que les clients se sentent bien traités...