Depuis l'arrivée de l'IA, je répète la même chose à ceux que j'accompagne : face à la machine, il va falloir devenir plus humain que les humains.
Entendre Lionel Naccache le formuler à sa manière dans l'émission CPolitique sur France 5 a quelque chose de réjouissant. Le célèbre neurologue propose de laisser les étudiants utiliser l'IA sans restriction, puis de tout faire reposer sur le face-à-face avec leurs professeurs, là où se révèle la personne que ce travail a construite. Tout ce que la machine peut produire cesse de compter. Il ne reste que ce qu'elle ne peut pas faire : être là, devant quelqu'un.La réaction de Clémentine Goldszal est fascinante. Sa crainte est immédiate : le débat glisserait vers le charisme, et ceux qui en sont dépourvus seraient pénalisés. Le charisme apparaît comme une loterie de naissance, et son absence comme une tare que certains devraient porter toute leur vie.
C'est pourtant une compétence, et elle s'apprend. Je le vois depuis 2008 chez des ingénieurs, des directeurs financiers, des chercheurs convaincus de ne pas « avoir ça » et qui finissent par tenir une salle. Le regard, la voix, le silence, l'attention portée à celui qui écoute se travaillent comme n'importe quel autre savoir-faire.
L'IA sait déjà presque tout. Ce qui reste à conquérir, c'est l'art de faire exister l'autre quand vous lui parlez.
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