mardi 8 septembre 2026

L'absence d'une guêpe

Il y a eu des dizaines de dîners comme celui-là, l'été, sur cette même terrasse, dans la Drôme.

Mon père vit aujourd'hui dans la maison de son père. Un jour, j'y vivrai à mon tour. Trois générations auront alors dîné sur la même terrasse, regardé les mêmes montagnes, entendu les mêmes cigales, vu tomber la même lumière sur les collines.

La Drôme est mon pays natal, la Toscane française, comme j'aime le dire à ceux qui ne la connaissent pas. Ses champs de lavande et de blé, ses vignes, ses routes de pierre, les contreforts du Vercors, l'Ardèche au loin. Ces paysages ne me sont pas seulement familiers : ils sont ma famille. Ils vivent en moi.

Ce soir-là, nous dînons avec ma femme, mon père et sa compagne. Un dîner comme il y en eut tant d'autres.

Et puis l'un de nous le remarque.

Il n'y a pas de guêpes.

Pas une.

Nous regardons autour de nous : pas d'insectes non plus. Soudain leur absence devient immense.

Car les guêpes ont toujours été là. Elles font partie de mes souvenirs d'été aussi sûrement que les cigales, les melons et la chaleur des pierres après le coucher du soleil. Ces invitées encombrantes dont personne ne voulait vraiment, mais dont nous nous accommodions. Elles tournaient autour de la table dans cette danse erratique, presque ivre, inspectaient un morceau de jambon, une tranche de melon. Nous les chassions d'un revers de main. Elles revenaient. Nous pestions, nous riions. Quelqu'un finissait par sortir un piège ou une soucoupe. Elles faisaient partie du tableau, de l'été, de nos vies.

Ce soir-là, elles manquaient à l'appel.

C'est alors que m'est revenue une sensation précise, éprouvée autrefois en lisant certains romans de science-fiction, ces récits où l'humanité avait mal tourné, où quelque chose d'irréversible s'était produit avant même le début de l'histoire. Les personnages continuaient de vivre, de manger, d'aimer, mais le monde n'était plus tout à fait le monde. Les survivants se souvenaient d'un temps où les choses étaient différentes : une époque où certaines espèces existaient encore, où les saisons avaient un sens, où chacun pouvait boire l'eau d'une rivière, voir certaines étoiles, respirer dehors sans y penser.

Enfant, j'adorais cette sensation : elle me faisait peur juste ce qu'il fallait. J'entrais pour quelques heures dans un monde devenu étranger, puis je refermais le livre, et je retrouvais le mien.

Ce soir-là, sur la terrasse de mon grand-père devenue celle de mon père, je n'ai pas pu refermer le livre.

Le mot allemand Unheimlich, que Freud a rendu célèbre, désigne précisément cette sensation : quelque chose de connu, quelque chose de familier, devient soudain inquiétant. Heim, c'est la maison, le chez-soi. Heimat, le pays natal, la terre à laquelle nous appartenons. Unheimlich, c'est lorsque le familier cesse de l'être tout à fait, lorsque quelque chose, au cœur même de ce qui devrait être chez nous, nous devient étranger.

C'est exactement ce que j'ai ressenti.

Tout était là : la maison, la terrasse, les collines, le repas, mon père, la lumière du soir. Et pourtant, quelque chose manquait. Et cette absence est devenue assourdissante.

Une guêpe.

Cela paraît dérisoire. Ça ne l'est pas.

Nous imaginons volontiers les grands bouleversements comme des événements : une rupture visible, une date, un avant et un après, quelque chose d'assez bruyant pour nous permettre de nous lever et de dire : « Voilà. C'est arrivé. »

Mais peut-être notre monde disparait-il autrement, par petites soustractions. Un insecte que nous ne voyons plus, un oiseau que nous n'entendons plus, une gelée qui ne vient plus, une rivière dont le niveau ne remonte plus, un été qui ressemble de moins en moins à ceux dont nous nous souvenons.

Nous nous adaptons. C'est précisément cela qui m'effraie le plus.

Nous sommes extraordinairement doués pour nous adapter. Chaque anomalie devient, en quelques années, la nouvelle normalité. Les enfants qui naissent aujourd'hui ne peuvent pas regretter ce qu'ils n'ont jamais connu : ils ignorent combien d'insectes venaient autrefois s'écraser sur un pare-brise après quelques centaines de kilomètres, ils ne se souviennent pas de nos repas assiégés par les guêpes.

Nous, si.

Nous sommes peut-être une génération étrange : assez vieille pour nous souvenir du monde d'avant, assez jeune pour assister à sa disparition.

Je ne sais pas si les guêpes ont réellement disparu de cette terrasse. Peut-être reviendront-elles l'été prochain ; peut-être leur absence n'était-elle qu'un hasard ? Bien sûr, je l'espère...

Mais ce n'est déjà plus tout à fait la question. La vraie question est de savoir pourquoi leur absence m'a semblé si plausible. Pourquoi personne, autour de la table, n'a ri en disant : « Mais enfin, les guêpes ne disparaissent pas. » Nous avons simplement regardé autour de nous, et nous nous sommes demandé où elles étaient passées. Nous nous sommes tous demandés ce qu'il se passait qui paraissait nous dépasser. Comme face à l'imminence de la catastrophe. Face à l'inimaginable. 

Nous savons désormais qu'un monde peut susurrer sa disparition, sans fracas, un simple soir d'été, sur une terrasse de la Drôme, pendant que quatre personnes terminent tranquillement leur dîner.

Il suffit parfois de l'absence d'une guêpe pour comprendre que quelque chose a changé.

Je ne sais pas pour vous, mais cela me fait peur. Je choisis ce mot avec soin : je ne parle pas d'anxiété.

Je parle de peur. 

lundi 7 septembre 2026

Pourquoi je ne suis pas allé voir The Cure à Rock en Seine

J'aime The Cure. J'aurais aimé entendre en vrai des chansons que j'écoute depuis quarante ans. Pourtant je n'y suis pas allé.

Parce que je me suis imaginé la scène : des milliers de personnes, des heures debout, Robert Smith haut de quelques centimètres au fond du champ, un écran géant pour mieux voir l'artiste que j'étais précisément venu voir en vrai. Cette question un peu terrible : qu'est-ce que je viens chercher ici que je ne trouverais pas mieux chez moi ?

En 1985, j'ai vu Depeche Mode à Lyon, au premier rang. Quand Dave Gahan s'approchait, je recevais des gouttes de sa sueur sur les avant-bras. C'est un détail trivial, un peu dégoûtant même. Je ne me souviens ni de la qualité du son, ni de la moitié des morceaux. Mais, de ça, quarante ans plus tard, je m'en souviens.

Il était là. J'étais là.

Nous avons énormément amélioré les spectacles et peut-être détérioré les concerts. Les lumières sont extraordinaires, les arrangements impeccables, tout est synchronisé et reproduit chaque soir avec une précision phénoménale. Mais plus le dispositif grandit, plus une chose devient difficile à produire : la présence. Or la présence n'a rien à voir avec la perfection. C'est cette sensation étrange que ce qui se passe se passe ici, maintenant, et nulle part ailleurs, que l'artiste n'exécute pas à Paris ce qu'il a exécuté hier à Londres et exécutera demain à Bruxelles. Il est avec nous. Quelque chose circule, quelque chose pourrait arriver. C'est pour cela qu'un musicien inconnu devant cinquante personnes émeut parfois davantage qu'une superstar devant cinquante mille.

C'est exactement la même chose lorsque nous prenons la parole.

Je vois beaucoup de présentations parfaitement préparées. Les slides sont impeccables, la structure irréprochable, le timing juste, le message à peu près clair. Pourtant, il ne se passe rien. La présentation pourrait avoir lieu demain à Londres, la semaine prochaine à Singapour ; vous pourriez remplacer l'auditoire sans changer une phrase, et parfois presque remplacer l'orateur. C'est une présentation sans présent.

L'IA rend la question plus intéressante encore. Produire quelque chose de correct, un texte propre, une slide professionnelle, ne présentera bientôt plus aucune difficulté. Tant mieux. Cela nous obligera peut-être à nous demander ce qui compte vraiment. Je me moque qu'une présentation ait été préparée avec une IA, qu'une idée ait déjà été exprimée mille fois, qu'une histoire ait été racontée vingt fois. Ce qui compte, c'est ce que vous en faites maintenant. Regardez-vous vraiment les personnes devant vous ? Leur réaction peut-elle modifier ce que vous allez dire ? Pouvez-vous abandonner trente secondes votre script parce que quelque chose vient de se produire ? Autrement dit : êtes-vous encore disponible à ce qui arrive ?

Créer de la présence, ce n'est pas ajouter. C'est enlever ce qui nous sépare du moment : le script auquel nous nous accrochons, les slides derrière lesquelles nous nous cachons. Alors quelque chose devient possible : un silence, une hésitation, une phrase qui n'était pas prévue. Quelque chose qui dit simplement aux personnes devant vous : je suis là, vous êtes là, et ce moment n'aura lieu qu'une fois.

vendredi 4 septembre 2026

Des mots et des valises !

49 % des salariés de moins de 30 ans ont posé au moins un arrêt maladie en 2024. Chez les plus de 50 ans, ce taux tombe à 32 %. Un entrepreneur, interrogé sur ce chiffre en plateau télé, écarte d'un revers de main l'idée d'un encadrement plus sévère des arrêts : le vrai sujet, dit-il, c'est de redonner du sens, de la responsabilité et de la fierté au travail.

Tout le monde opine. Qui, sur ce plateau, aurait pu défendre l'irresponsabilité au travail ? Personne. Et c'est bien le problème : une phrase que personne ne peut contester n'affirme rien. Elle réclame l'adhésion, elle ne dit rien du chemin. Sens, responsabilité, fierté : ces mots-valises ne nous apprennent strictement rien des actions à mener pour que le rapport des jeunes au travail se transforme réellement.

Ce qui manque à cette phrase, ce sont des actions, des décisions, des propositions, des engagements datés. L'abstraction ne mène nulle part, précisément parce qu'elle ne prend aucun risque : elle ne peut ni décevoir, ni être vérifiée, ni échouer.

Être concret, c'est autre chose. Ce n'est pas parler de responsabilité, c'est laisser un jeune collaborateur choisir son fournisseur. Ce n'est pas évoquer le sens, c'est le laisser choisir son lieu de travail. Et là, ça parle.

Il en va de même pour vos prises de parole. Si vous brassez du vide, la sagesse serait peut-être de vous taire. Mais, si vous savez de quelles actions vous avez besoin et sur quel calendrier vous les engagez, alors bienvenue chez ceux qui ont compris que ce qui fait un orateur de talent, c'est de savoir pour quoi il parle. 

jeudi 3 septembre 2026

Je crois

On me demande : "Crois-tu en Dieu ?"

Ma réponse : je ne crois pas au vieux monsieur barbu perché au-dessus des nuages, occupé à nous observer et à tenir nos comptes. Cette image-là ne me dit rien, et je la soupçonne d'avoir été inventée par des gens qui avaient besoin d'un contremaître.

Mais, je crois que nous ne comprenons pas tout. Je crois à l'ineffable inconnu, à cette part du réel qui résiste à nos explications et qui, probablement, y résistera toujours. Nous savons peu, nous pesons peu, et de cet univers dont les merveilles nous dépassent, nous n'apercevons qu'un fragment mal éclairé. Devant ce fragment, la seule posture honnête me paraît être l'émerveillement.

En y réfléchissant, la formule est venue toute seule : je crois à ce que je ne comprends pas.

Don't Understand.
D. U.
“Di You”
Dieu.

;-)

mercredi 2 septembre 2026

Le pire "deal" que nous ayez jamais signé...

Lorsque vous étiez enfant, avant même d'avoir une mémoire, vous avez passé le pire deal de votre vie... et quelles que soient vos capacités actuelles de négociation, vous le payez encore.


Un deal passé, pour la plupart d'entre vous, avec vos parents. Un deal dont les termes n'ont jamais été prononcés, jamais écrits et même jamais discutés : "Si tu me protèges, si tu me nourris, alors je me comporterai comme je pense que tu souhaites que je me comporte."


Prenez une seconde pour mesurer l'immensité de ce que cela représente... pas une petite concession, pas un arrangement de circonstance : l'ensemble de vos comportements ajusté à ceux de vos parents, pour optimiser vos chances de survie. Inconsciemment, bien sûr. Aucun enfant ne signe en conscience. Mais, du conditionnement qui en résulte, beaucoup ne sont jamais sortis… et continuent, à l'âge adulte, de répondre avec ce conditionnement d'enfant.

Certains se soumettent, d'autres se rebellent, d'autres encore font comme si tout allait bien quelles que soient les circonstances. Trois attitudes qui semblent n'avoir rien à voir entre elles, et qui ont pourtant exactement la même origine.

Vous le voyez en réunion, vous le voyez face à un client difficile, vous le voyez dans un désaccord avec votre direction... quelque chose répond avant vous, plus vite que vous, presque à votre place. Ce quelque chose ne lit pas la situation présente : il applique un conditionnement installé il y a des décennies, dans des circonstances qui n'ont plus rien à voir avec celles d'aujourd'hui.

Ce conditionnement n'est pas un défaut. Il vous a tenu en vie, il a fait son travail, et il l'a bien fait. Mais, il continue d'exiger son dû, tous les jours, en silence.


Pour que vos comportements correspondent enfin à la situation réelle, il faut commencer par prendre conscience, même en surface, même imparfaitement, de ce que ce conditionnement exige de vous au quotidien.

C'est l'objet de notre training « Conversations entre Adultes »… comprendre ce qui se passe lorsque cet accord devenu obsolète prend le dessus sur vos décisions et sur votre vision du monde. Une fois conscient de ce qui se joue, vous avez une chance de répondre correctement.

Vous n'aviez pas le choix quand vous avez signé, vous l'avez aujourd’hui. 

mardi 1 septembre 2026

Ni passé, ni futur : ce que vouloir être libre exige vraiment de nous

Nous n'avons pas de passé. Nous avons une mémoire, une reconstruction, renouvelée à chaque fois qu'elle est convoquée, colorée par ce que nous sommes devenus depuis. Nous n'avons pas de futur non plus. Nous avons une projection : le passé, prolongé vers l'avant, habillé d'espoirs ou de peurs qui lui appartiennent déjà. Alors que reste-t-il, si ces deux piliers : ce qu'on croit avoir été, ce qu'on croit devenir, ne sont que des constructions mentales et non des réalités tangibles ? Il reste le présent.

C'est presque vertigineux, dit ainsi. Tout ce que nous appelons « notre histoire » n'existe plus nulle part sinon dans des traces neuronales que nous ravivons. Tout ce que nous appelons « notre avenir » n'existe encore nulle part sinon dans les scénarios que nous fabriquons. Le seul endroit où quelque chose se passe réellement, où la réalité ne dépend d'aucune reconstruction ni d'aucune anticipation, c'est maintenant. Mais, dire "vis au présent" reste une formule creuse, un slogan de développement personnel qu'on répète sans vraiment le comprendre. Cela ne signifie pas ignorer d'où l'on vient ni cesser de faire des projets. C'est autre chose : c'est cesser de filtrer l'instant présent à travers les grilles du passé et du futur.

Vivre au présent, ce n'est pas nier la mémoire ou l'anticipation, elles sont utiles, parfois nécessaires. C'est ne plus laisser ces mécanismes décider à ma place de ce que je ressens ou de ce que je fais maintenant. Concrètement : quand une situation ravive une peur ancienne, suis-je en train de répondre à ce qui est réellement devant moi, ou à un souvenir déguisé en présent ? Quand j'anticipe un échec, est-ce une évaluation lucide de la situation, ou la projection d'un conditionnement qui ne connaît qu'un seul scénario ? La plupart du temps, nous ne vivons pas les événements, nous vivons nos interprétations des événements, façonnées par tout ce qui a précédé. Le présent devient alors un écran sur lequel on projette un vieux film, plutôt qu'un espace neuf où quelque chose peut réellement advenir.

C'est là que le lien avec la liberté apparaît. Être libre, ce n'est pas l'absence de contraintes extérieures. C'est l'absence de contraintes intérieures invisibles : ces automatismes qui décident pour nous avant même que nous ayons pu regarder la situation telle qu'elle est. Se libérer d'une projection, d'une représentation, d'un conditionnement ancien, ce n'est pas les effacer par la force. On ne peut pas décider d'oublier. C'est plutôt les reconnaître au moment où ils apparaissent, voir qu'une pensée, une peur, une attente est en train de se rejouer et, dans cet acte de reconnaissance, se donner un espace de choix qui n'existait pas avant.

Cet espace, aussi mince soit-il, c'est notre liberté. Non pas une liberté totale et définitive, mais une liberté qui se gagne à chaque instant, dans chaque interstice entre le stimulus et la réponse automatique.

Le présent n'est donc pas un lieu où l'on arrive une fois pour toutes. C'est un exercice qui se recommence sans cesse, parce que l'esprit retourne naturellement vers ce qu'il connaît : le passé rassurant ou inquiétant, le futur espéré ou redouté. La liberté n'est pas d'échapper à ce mouvement, c'est de le remarquer, encore et encore, et de revenir, encore et encore, à ce qui est réellement là. Peut-être que la question n'est pas « comment vivre au présent » mais « à quel moment ai-je cessé d'y être » et la capacité à se le demander, sans jugement, est peut-être déjà une forme de liberté.

Cette liberté ne s'arrête pas à la porte du bureau. Une organisation n'est jamais qu'une accumulation de ces mêmes interstices, multipliée par le nombre de personnes qui la composent : un manager qui répond à un retard avec la peur d'hier, une équipe qui rejoue, réunion après réunion, les mêmes rôles figés. Le bon management commence exactement là où s'arrête celui de chacun : dans la capacité, collective cette fois, à sortir des scénarios hérités pour se parler depuis ce qui est réellement en jeu.

samedi 29 août 2026

Gamma, Canva, Tome & co : le piège des slides parfaites générées par IA

Gamma. Canva Magic Design. Tome. Beautiful.ai. Il en sort une nouvelle chaque mois. Le principe est toujours le même : un prompt, ou un texte tout prêt qu'on colle, et hop ! un jeu de slides impeccable en trente secondes. Typographie soignée, mise en page équilibrée, palette harmonieuse. Bluffant.

Et c'est bien le problème.

Voilà ce qui va se passer : vous allez avoir de superbes slides. Mais vous ne les maîtrisez pas. Elles sont belles, mais elles ne sont pas vous. Et vous ne savez pas, parce que l'IA s'en moque, ce que vous allez DIRE pendant que telle ou telle slide sera à l'écran.

L'IA vous a préparé une recopie de votre texte sous une autre forme. Pas un jeu de slides pensé pour l'exercice très spécifique d'une présentation orale, devant un auditoire qui a des attentes et qui est venu vous écouter.

Vous pensez que vos belles slides vont vous sauver, que votre présentation sera au niveau parce que les slides le sont.

Think again.

Vous allez les lire. Vous allez vous perdre. Vous allez transpirer... et vous n'aurez très vite plus qu'une idée en tête : sortir et en finir.

Ou pire : vous allez glisser sur l'exercice, faire comme si lire vos belles slides était ok, et sortir de la salle content de vous, survivant... même si peu de choses se seront passées et si vous n'aurez rien obtenu d'autre que de ne pas être décédé sur place.

Ces outils résolvent un problème qu'on n'a pas : produire un support joli et rapide et ignorent complètement celui qu'on a vraiment : préparer une prise de parole. Un jeu de slides n'est pas une présentation. C'est un support, au service de ce que vous allez dire, à un moment précis, devant des gens précis.

Ce qu'il faut faire si vous voulez absolument utiliser l'IA : respectez les dix règles que j'ai données dans un précédent post, allez les voir.

Et surtout, surtout : prompter vos slides pour votre auditoire, pas pour vous.