Gamma. Canva Magic Design. Tome. Beautiful.ai. Il en sort une nouvelle chaque mois. Le principe est toujours le même : un prompt, ou un texte tout prêt qu'on colle, et hop ! un jeu de slides impeccable en trente secondes. Typographie soignée, mise en page équilibrée, palette harmonieuse. Bluffant.
Et c'est bien le problème.
Voilà ce qui va se passer : vous allez avoir de superbes slides. Mais vous ne les maîtrisez pas. Elles sont belles, mais elles ne sont pas vous. Et vous ne savez pas, parce que l'IA s'en moque — ce que vous allez DIRE pendant que telle ou telle slide sera à l'écran.
L'IA vous a préparé une recopie de votre texte sous une autre forme. Pas un jeu de slides pensé pour l'exercice très spécifique d'une présentation orale, devant un auditoire qui a des attentes et qui est venu vous écouter.
Vous pensez que vos belles slides vont vous sauver, que votre présentation sera au niveau parce que les slides le sont.
Think again.
Vous allez les lire. Vous allez vous perdre. Vous allez transpirer... et vous n'aurez très vite plus qu'une idée en tête : sortir et en finir.
Ou pire : vous allez glisser sur l'exercice, faire comme si lire vos belles slides était ok, et sortir de la salle content de vous, survivant... même si peu de choses se seront passées et si vous n'aurez rien obtenu d'autre que de ne pas être décédé sur place.
Ces outils résolvent un problème qu'on n'a pas : produire un support joli et rapide et ignorent complètement celui qu'on a vraiment : préparer une prise de parole. Un jeu de slides n'est pas une présentation. C'est un support, au service de ce que vous allez dire, à un moment précis, devant des gens précis.
Ce qu'il faut faire si vous voulez absolument utiliser l'IA : respectez les dix règles que j'ai données dans un précédent post, allez les voir.
Et surtout, surtout : prompter vos slides pour votre auditoire, pas pour vous.