lundi 4 mai 2026

Docteur Freeze !

J'en ai souvent parlé sur ce blog : la réaction fight or flight ou Combat / Fuite en situation de stress...

Cette réaction est celle dans laquelle nous tombons lorsque nous prenons la parole en public. Si vous l'apprenez aujourd'hui, sachez que pour des raisons de psychologie évolutive, la prise de parole est interprétée par notre cerveau comme une situation dangereuse. Nous prenons le risque d'être exclus du collectif (humiliation) et cette interprétation conduit au déclenchement d'un réflexe de survie, le même que celui que nous déclencherions dans un métro face à une terroriste…

Ça, c'est ce que nous croyions au début du siècle, avec les travaux de Walter Cannon...

Mais, les choses ont un peu changé, et je voudrais affiner ce concept avec vous aujourd'hui !

Stephen Porges et sa théorie polyvagale sont venus depuis 1994 compléter ce modèle.

Ce que nous dit Porges, c'est que les deux premières réactions restent vraies, mais qu'il s'en ajoute une troisième qu'il appèle "freeze". Le "freeze" n'est pas un corollaire de la fuite, il ne s'agit pas de faire l'autruche, il s'agit d'une réaction du système nerveux qui s'apparente à une forme de "shutdown" partiel. Le système nerveux se gèle pour limiter le risque et pour analyser la situation du mieux qu'il le peut. 

Ce que cela donne lorsque vous prenez la parole et que vous reconnaîtrez peut-être : des trous de mémoire, des sensations de vide mental, la respiration qui se coupe ou se bloque et enfin l'impossibilité d'enchaîner. 

Bien sûr, cette réaction est elle aussi issue du système nerveux autonome. Il n'est pas possible de la raisonner ou de la conscientiser. 

Pour la contrer ou la minimiser, ce que vous proposais auparavant reste pertinent : respirer et préparer !

lundi 20 avril 2026

Le talent se construit, la preuve par trois... filles !

La question du talent divise encore aujourd'hui. Mais elle divisait tout autant dans les années soixante, avec cette différence que certains étaient prêts à en faire une démonstration radicale, là où nous nous contenterions d'en débattre prudemment.

László Polgár était de ceux-là. Psychologue hongrois, convaincu que le génie n'est pas une loterie génétique mais le produit d'une éducation intensive et précoce, il voulait en apporter la preuve. Il lui fallait un domaine mesurable, quantifiable, avec des classements incontestables. Il choisit les échecs. Il lui fallait aussi des sujets d'expérience. Il décida que ce seraient ses propres enfants. Problème : il n'en avait pas encore !

Ce qui suit tient du roman. Polgár rédige plusieurs lettres à des femmes qu'il ne connaît pas, leur exposant son projet éducatif avec une franchise déconcertante. Une institutrice ukrainienne, Klara, lui répond, par hasard homonyme de son futur mari. Ils s'écrivent, se rencontrent, se plaisent. Ils se marient et ont deux filles. Puis une troisième.

Seul obstacle : les échecs sont, à cette époque, un univers quasi exclusivement masculin. László ne s'en émeut pas. Il applique sa méthode. Susan, Sofia, et Judit grandissent avec des pièces d'échecs comme d'autres enfants ont des jouets. Elles jouent des milliers de parties, analysent, recommencent.

Le résultat ? Susan devient grande maîtresse internationale. Sofia, maîtresse internationale. Judit, la cadette, atteint le titre de grande maîtresse à quinze ans et sept mois, battant le record de Bobby Fischer, et finira par figurer parmi les dix meilleurs joueurs du monde, hommes confondus.

Le talent n'était pas donné. Il a été construit, pièce par pièce, année après année, par une famille qui avait décidé de prendre cette question très au sérieux.

Et vous : quel potentiel dormant pourriez-vous commencer à révéler dès demain ?

lundi 30 mars 2026

AI and I

Je parle beaucoup, dans mon travail sur la relation à l'IA, de présence et de puissance. Mon hypothèse est simple : l'humain fait ce que l'humain fait de mieux — créer — et l'IA lui donne une puissance qu'il n'aurait jamais eue seul. Un modèle gagnant, selon moi. Pas une réponse à tous les défis que l'IA va poser à notre civilisation, mais au moins un contrepoint aux discours doom and gloom ambiants : un peu d'espoir en l'humain, qui franchement ne fait pas grand-chose pour le mériter en ce moment.

Aujourd'hui, j'ai eu envie de joindre le geste à la parole.

Depuis quelques jours, alors que je travaille sur la sortie de mon premier album après celle de mon premier EP, j'ai eu l'idée de sortir un album intitulé IA and I.

Le principe : je reste auteur, compositeur, interprète. Je fais ce que je sais faire. J'invoque ensuite la puissance de l'IA pour l'orchestration et tout ce que je ne maîtrise pas, et pour lesquels j'aurais autrefois eu besoin d'un directeur artistique et d'un producteur.

Il restait un problème de taille : l'IA ne savait pas modéliser ma voix. L'album pouvait exister, mais sans moi, ce qui me semblait vider le projet de son sens.

Depuis quelques jours, Suno v5.5 permet de cloner les voix.

Je vous soumets donc deux versions. 

La maquette d'abord : ma composition brute, ma voix, rien d'autre, auteur, compositeur, interprète. 

Maquette

Puis la version Suno v5.5.

Suno v5.5

Qu'en pensez-vous ?

Je ne vous demande pas de juger de la qualité de la chanson, vous l'avez compris... C'est une maquette jetée sur mon téléphone en quelques minutes !

Ma question : pensez-vous que la créativité humaine pourrait, ou devrait, s'arrêter là ? 

Pour vous, est-ce toujours de la création ?

J'ai vraiment hâte de vous lire. 

Dans un ou deux ans, les aptitudes de l'IA à orchestrer ce genre de maquette devraient avoir atteint un niveau tel qu'il sera difficile de différencier ce que la machine peut produire de la production d'un studio d'enregistrement professionnel. 

Cela peut soit nous angoisser, soit nous libérer...


jeudi 26 mars 2026

Ce que Marie Kondo ne range pas...

Un livre sur le rangement qui est un best seller planétaire et cela ne surprend personne ?

Marie Kondo, la magie du rangement? La magie, vraiment ! 

Qu'est-il arrivé à notre civilisation pour que quelque chose d'aussi trivial et ennuyeux, comme le rangement, devienne quelque chose qui porte en lui une forme de magie...

Pourquoi la planète s'inquiète-t-elle de l'ordre dans ses placards...

Le plaisir du rangement cache en fait quelque chose de bien plus triste... et cela parle de notre, de votre psychologie...

Nous accumulons.

Nous n'accumulons pas par hasard ou parce que notre génétique nous relierait aux écureuils, nous accumulons parce que ce n'est jamais assez. Parce que nous ne nous voyons pas comme étant assez.

Nous avons besoin de nous prouver notre valeur, que nous méritons d'être aimés, d'être respectés, d'être entendus. Tous ces achats sont là pour nous le signifier, plus à nous-mêmes qu'aux autres d'ailleurs.

Problème : nous nous sentons soulagés pendant deux jours, puis le vide se fait à nouveau sentir. Parce que la source de ce vide n'est pas dans nos placards, il est en nous. 

Nous désespérons de validation externe. Nous cherchons notre valeur dans les yeux des autres et cette accumulation matérielle en est le symptôme le plus visible.

Pourtant, nous sommes dignes d'être aimés, d'être respectés et entendus. Nous le sommes par essence. 

Ce que nous sommes déjà est ce que nous recherchons !

Marie Kondo ne vend pas du rangement. Elle vend l'espoir qu'une fois nos placards bien rangés, quelque chose s'apaisera à l'intérieur. Elle n'a pas tort sur la méthode, juste sur la direction.

Cette course absurde peut cesser dès maintenant.

Si vous en faites le choix.

Rien de ce qui est à vendre ne peut vous donner ce que vous avez toujours eu.



mercredi 25 mars 2026

Un avenir plus humain ?

Quel est le propre de l'humain ?

À l'ère de l'intelligence artificielle, la question prend une acuité particulière.

Puisque la machine nous surpasse désormais sur le terrain de l'intelligence, qu'est-ce qui nous rend si uniques ? Si irremplaçables ?

Est-ce le rire, comme le dit l'aphorisme ?

Vraiment ?

Non. Certains animaux perçoivent la dimension comique d'une situation, comme les bonobos. Si nous sommes les seuls à fréquenter assidûment les "comedy clubs", c'est sans doute parce que nous avons une conscience plus aiguë que le reste du règne animal de la misère de notre condition !

Non, le propre de l'homme est de faire surgir ce qui n'a jamais existé, ce qui ne répète rien de ce qui fut. C'est, de mon point de vue, une faculté bien trop peu étudiée.

Le propre de l'homme est de créer.

Vraiment de créer, pas d'optimiser, pas de reproduire ou de compiler l'existant en lui donnant une meilleure forme. Créer ce qui n'était pas. Ce dont l'intelligence artificielle est incapable : elle qui ne fait que répéter, agencer, perfectionner tout ce que nous avons déjà produit.

L'IA nous offre alors une opportunité sans précédent : celle de nous délester enfin des tâches qui ne sont pas à la hauteur de ce que nous sommes. Cette révolution a le potentiel de nous rendre plus humains, en nous laissant le temps de ne nous consacrer qu'à ce qui nous rend humain : inventer, imaginer, créer.

La vraie question n'est donc pas de savoir si l'IA nous remplacera.

C'est de savoir si nous serons à la hauteur de ce qu'elle nous offre.


mardi 24 mars 2026

Désolé, plus le temps !

Une amie était invitée à intervenir lors d'une conférence. Le thème importe peu.

Elle avait préparé une présentation pour l'occasion. 
Une fois de plus… elle n’a pas eu le temps de présenter ce qu'elle avait préparé.

Pourquoi ?

Parce qu’un « ponte » a jugé essentiel de revenir longuement sur les présentations précédentes et le timing a explosé.

“C'était important.” Donc c’est comme ça. Désolé.

Vous avez peut-être déjà vécu ça.

Ce moment où votre place disparaît, non pas faute de valeur, mais faute de cadre.

Alors remettons les choses à leur juste place. 

Les arguments ne sont jamais plus importants que les personnes. 

Aucune intervention, aussi brillante soit-elle, ne vaut plus que le temps qu’une ou un autre a consacré à préparer la sienne.

Ce qui se passe ici ne s’appelle pas un aléa d’agenda. Ça s’appelle de l’irrespect.
Pas intentionnel, bien sûr, mais le résultat est le même.

Lorsque personne ne tient la montre, alors plus personne n’en est responsable. L'irrespect s’installe sans que personne ne trouve à y redire. On trouverait même de bonnes raisons à ce que cela se soit passé ainsi. "Les gens avaient besoin de parler, ce que ce grand homme avait à dire valait que le timing soit bousculé, etc..."

Non ! Cette paresse n'a aucune justification !

La solution est simple : avant même la première prise de parole, quelqu’un doit être nommé gardien du temps. Ce n'est pas une mission à confier au « groupe », pas plus que ce ne sont des incantations du style :  « on fera attention ». 

Quelqu’un. 

C’est son rôle et sa responsabilité de protéger l’agenda, donc de protéger les personnes. Sans aucune exception et sans se laisser impressionner par les titres. Un bon gardien du temps est une personne qui prend son rôle à cœur et qui sait interrompre quand c'est nécessaire. Cela peut demander un peu d'entraînement. Mais, cela vient vite et cela peut même devenir jouissif avec ces fameux "pontes"...

Parce que non, un « ponte » n’a pas plus de valeur qu’un autre dans une salle.

Entre nous… ils parlent souvent déjà beaucoup trop.

Moi, c’est votre voix que j’ai envie d’entendre. Celle que vous avez préparée. Celle qu’on n'écoute pas assez. 

Faites-vous entendre !


jeudi 19 mars 2026

Moments fondateurs de l'humanité...

Il y eu le feu.

Il y a eu l'électricité.

Il y a l'Intelligence Artificielle.

C'est à ce point...