mardi 17 mars 2026

On vous interrompt sans arrêt ? Voilà une solution !

On vient souvent me voir avec cette question.

Très souvent, vous, mesdames.

« Comment faire pour ne plus être interrompue lorsque je parle en réunion ? »
« Je commence à présenter mon idée, et quelqu’un prend la parole. Parfois poliment. Parfois beaucoup moins. J'ai du mal à m’en remettre. Alors j’abandonne. »

La situation est fréquente. 

Très fréquente.

Qui ne l’a pas vécue ?
Qui ne s’est pas senti un peu idiot, diminué, ou même humilié après avoir été coupé de cette manière ?

Alors, comment faire ?

La réponse tient en un mot.

Énergie.

Le problème n’est pas l’interruption.
Le problème, c'est la chute d’énergie qui suit l’interruption.

Quelqu’un vous coupe la parole, et parce que vous êtes surprise, votre énergie retombe.
C'est à ce moment-là que la conversation vous échappe. 

La clé est simple : ne laissez pas votre énergie retomber.

Lorsque quelqu’un vous coupe, restez au même niveau d’énergie que celui dans lequel vous étiez lorsque vous étiez en train de parler.

C’est cette continuité énergétique qui vous permet de reprendre la parole.

Pensez à ces joggers qui simulent des foulées au feu rouge avant de traverser ! Ou si vous étiez une boxeuse, ne vous arrêtez pas de taper dans l'air, de rester dans le combat, de soutenir l'effort... 

Plus efficace encore, la meilleure manière de se remettre d'une interuption, c'est de ne pas être interrompue.... et pour cela, il suffit parfois simplement d'augmenter légèrement le niveau d'énergie avec lequel vous vous exprimez.
La plupart des gens parlent en réunion à des niveaux trop faible, des 3 sur 10.

C’est mou et fragile. Bref, facile à interrompre.

Si vous montez à 6 ou 7, il devient déjà beaucoup plus difficile de vous couper.

Et si quelqu’un tente malgré tout de le faire…

Passez à 8.

8 !

Vous restez calme.
Vous restez polie.
Mais l’énergie est là.

Tout le monde dans la salle comprend immédiatement :

Ce que vous dites compte.
Ce n’est pas seulement dans votre tête, c’est tout votre corps qui parle et qui est engagé dans votre parole. On dirait que cela vient du cœur.

Tout votre être semble dire :

« Ce que je dis est ce que je suis. Alors laissez-moi finir ma phrase. »

Cependant attention !

L’autorité ne vient pas de l’agressivité.
Elle vient d’un mélange très particulier : beaucoup d’énergie… et beaucoup de calme.

Vous restez polie et posée, et votre énergie ne bouge pas.
Tout le monde dans la salle comprend que ce que vous dites compte.

En réalité, l’équation est très simple :

Autorité = Énergie × Calme

Si l’énergie tombe, ou si le calme disparaît, l’autorité s’effondre. 

Racontez-moi vos expériences d'interruptions ! 
Quelles stratégies vous êtes vous trouvées pour reprendre la main ?





lundi 16 mars 2026

Quitter la poussette...

Petit retour dans le temps.

Vous êtes un bébé. Un petit bébé coincé dans sa poussette. Autour de vous, tout le monde marche. Tout le monde vous semble autonome, indépendant, libre d’aller là où bon lui semble. Prendre un gâteau ? Ils se lèvent et se servent. Ouvrir le frigo pour une glace ? Ils se lèvent et se régalent.

Mais pas vous !

Vous, vous êtes attaché dans ce landau et c’est la galère. Une partie de vous veut marcher. Une autre vous souffle que la poussette, finalement, ce n’est pas si mal. C’est confortable. C’est agréable d’être transporté. On vous pousse, on s’occupe de vous. Le prix à payer n’est peut-être pas si élevé.

Mais malgré cela, le désir de marcher devient le plus fort.

Alors vous essayez. Et vous tombez. Encore et encore. Vous vous cassez la figure, vous retombez sur les fesses des dizaines, des centaines de fois. Rien de tout cela n’est confortable. Rien de tout cela n’est agréable. Pourtant vous recommencez.

Parce que marcher devient une obsession.

Vous avez compris quelque chose d’essentiel : marcher, c’est la liberté. La liberté d’aller là où vous voulez. La liberté de décider. La liberté de ne plus dépendre de quelqu’un qui pousse la poussette.

Un jour, ça y est. Le premier pas. Puis un autre. Fini de ramper, vous voilà devenu marcheur.

Nous en passons tous par là. Personne autour de vous ne se déplace à quatre pattes passé un certain âge. Personne.

Appliquez maintenant cela à l’intelligence artificielle, ou à n’importe quel nouvel apprentissage. Vous allez devoir traverser une période d’inconfort. Une vraie. Une période où vous serez maladroit, lent, approximatif. Une période où vous aurez l’impression que tout était plus simple avant.

Une petite voix vous dira peut-être : « Finalement, la poussette, c’était pas si mal. »

Mais, si vous acceptez cette phase, si vous traversez les chutes, les tâtonnements, les moments où vous ne comprenez pas très bien ce que vous faites, alors un jour vous vous apercevrez que vous marchez. Ce jour-là, la poussette vous paraîtra soudain très loin.

La vérité est que chaque nouvelle compétence nous impose d'en passer par cette zone étrange où l’on devient provisoirement moins bons, voire mauvais.

Nous avons tendance à oublier cela une fois devenus adultes. Nous aimons la maîtrise. Nous faisons tout pour fuir le ridicule. Pourtant l’apprentissage exige exactement l’inverse : accepter d’être maladroit pendant un moment, presque ridicule.

Les enfants n’ont pas ce problème. Ils tombent mille fois et se relèvent mille fois. C’est pour cela qu’ils apprennent si vite.

La vraie question n’est donc pas : « Est-ce que cette technologie ou cet apprentissage est fait pour moi ? »

La vraie question est beaucoup plus simple : « Suis-je prêt à quitter la poussette ? 



»

vendredi 13 mars 2026

Pour deux minutes de bonheur...


Scottie Scheffler est golfeur. Numéro 1 mondial. The GOAT.

Cela représente des années de travail. Des milliers d’heures d’entraînement. Une obsession.
Ceux qui jouent au golf savent de quoi je parle.

Pourtant il le dit lui-même dans cette vidéo :

La victoire procure deux minutes de joie. Puis il faut s'y remettre. Compétition suivante. Et puis la suivante. 

"What's the point?".

Notre époque repose sur une promesse implicite :
Si vous travaillez assez, si vous réussissez assez, si vous devenez assez bon… alors vous serez enfin comblé. Ce vide que vous ressentez tout au fond de vous, il est possible de le résorber avec le succès, la gloire, l'argent, un yacht ou une Ferrari...

Mais, les gens qui arrivent au sommet, qui conduisent leur Ferrari, qui rangent leur yacht à Monaco savent une chose : cette promesse est fausse !

La réussite produit de l’intensité, de la fierté, parfois de l’euphorie, mais elle ne produit pas la plénitude.

Rien d’extérieur ne le peut.

On peut être numéro un au golf.
Ou champion du monde de Rubik’s cube.

La question reste la même :

Qui êtes-vous quand personne ne vous applaudit ?

Parce qu’au fond, le vrai travail d’une vie n’est pas de devenir le meilleur.

Il est de devenir libre.


jeudi 12 mars 2026

Votre communication tient en une équation...


La demande la plus fréquente que je reçois est aussi la plus problématique.

« Nous voudrions former nos équipes à la prise de parole… mais surtout à la forme.
Le fond, ils le maîtrisent déjà. »
Ou l’inverse :
« Nos équipes doivent mieux structurer leurs idées.
Mais la présence, la voix, la dimension scénique… ce n’est pas nécessaire. »

Je comprends l’intention.
Mais la réalité est simple : ça ne fonctionne pas.

La communication n’est pas divisible.
Une excellente idée présentée sans présence n’embarque personne.
Une intervention énergique mais vide sur le fond ne convainc personne.
Dans les deux cas, l’auditoire décroche.

Former quelqu’un uniquement à la forme ou uniquement au fond, c’est comme lui apprendre à marcher sur une seule jambe.

La communication humaine repose toujours sur deux dimensions indissociables :
– la présence : voix, regard, énergie, capacité à tenir la scène
– la structure : idée claire, narration, architecture du message
Quand les deux sont là, une présentation devient vraiment puissante et remarquable.
Quand l’une manque, tout s’effondre.

C'est là que se trouve le piège.
En pensant vous débarrasser d’une moitié du problème, vous gardez en réalité le problème en entier.
L'investissement que vous faites dans cette demi-solution est entièrement gaspillé.
Parce qu’en communication, la moitié ne fonctionne tout simplement pas.

En réalité, l’équation est très simple :

Communication = Présence × Structure

Pas un “+”.
Un ×.

Si l’un vaut zéro, tout vaut zéro.


mercredi 11 mars 2026

Face aux gens passifs-agressifs...

Parfois, certaines personnes dans notre entourage, dans la famille, au travail, parmi nos proches, ont une manière très particulière de communiquer.

Rien n’est jamais vraiment satisfaisant.
Il y a toujours un détail qui ne va pas, une remarque à ajouter, une correction à apporter.

Le compliment est rare. La critique, elle, est régulière.

Lorsque vous tentez d’en parler, la scène est souvent la même :
la personne se ferme, affirme qu’elle ne voulait pas vous blesser, qu’elle ne souhaite que votre bien… et se dit même un peu vexée que vous puissiez interpréter ses remarques autrement.

Ce type de communication, qualifié de passif-agressif, est difficile à confronter.
Parce qu’il n’y a jamais d’attaque franche, c'est seulement une succession de petites piques.

Alors voici une expérience simple à tenter.

La prochaine fois que cette personne vous adresse une remarque désagréable, qu’elle soit justifiée ou non, contentez-vous de répondre un seul mot :

« Aïe ! »

Rien de plus.

Juste « Aïe ! »

Parce que c’est exactement ce qui se passe : cela fait un peu mal.

Très souvent, la personne répondra immédiatement :
« Il n’était pas dans mon intention de te faire mal. »

Vous pourrez simplement répondre :
« Peut-être. Mais ça m’a fait mal. Alors je le dis. »

Ce petit mot a une force particulière.
Il ne reproche rien, il ne juge pas, mais il rend visible l’effet réel de la parole.

Parfois, cela suffit pour que la conversation change de ton.


mardi 10 mars 2026

"Je pense donc je suis..." - Vraiment ?

On s’accorde à dire que le physicien Albert Einstein était un génie. Un esprit d’une intelligence exceptionnelle dont les découvertes ont profondément changé le cours de l’histoire humaine.

Dans son essai « Comment je vois le monde », publié en 1930, il écrit :

« La véritable valeur d’un être humain se mesure au degré auquel il est parvenu à se libérer de lui-même. »

Autrement dit, notre maturité ne se mesure pas seulement à notre intelligence, mais à notre capacité à ne pas être entièrement gouvernés par le récit que notre ego construit sur nous-mêmes et sur le monde. Nous passons une grande partie de notre temps dans un flux continu de pensées : commentaires, jugements, anticipations, inquiétudes. Ce flux mental n’est pas ce que nous sommes, même s’il influence nos actions, et ce sont nos actions qui, peu à peu, dessinent notre personnalité visible.

Nos pensées apparaissent, se transforment, disparaissent. Certaines sont utiles, d’autres moins. Mais aucune ne mérite d’être confondue avec notre identité profonde. La véritable liberté consiste peut-être simplement à reconnaître ce mouvement intérieur pour ce qu’il est : un processus, pas une définition de nous-mêmes.

Lorsque ce bruit intérieur se calme, ne serait-ce qu’un instant, il reste quelque chose de plus simple : une forme de présence tranquille, plus vaste que nos inquiétudes et nos récits. C’est peut-être cet état que nous appelons, faute de meilleur mot, le bonheur.


lundi 9 mars 2026

Il y a quelque chose de grotesque dans toutes ces guerres.
Des humains qui se frappent, se bombardent, rasent des villes entières pour tenter de calmer leurs peurs : la peur d’être dominé, envahi, humilié par un ennemi bien souvent fantasmé.

Infantile est le mot et ce mot est encore trop doux.

Pourtant, c’est notre histoire. Encore et encore.

Des dirigeants puissants et vieillissants pour la plupart, décident que le moment est venu d’envoyer la jeunesse se faire éventrer au nom d’un territoire, d’une frontière, d’un drapeau, d’une idée de puissance.

Poutine. Trump. Netanyahou. Et tant d’autres avant eux.
Ils parlent de civilisation, d’honneur, de sécurité.
Mais au bout de leurs phrases, il y a toujours les mêmes corps : ceux des jeunes.

À force de répéter ce spectacle, on voudrait nous convaincre que l’humanité est condamnée à cette absurdité permanente. Que la violence serait notre destin.

Mais c’est faux.

La plupart des êtres humains aspirent simplement à vivre.
Aimer. Travailler. Élever des enfants. Boire un café au soleil.
Certainement pas à tuer un voisin qu’ils n’ont jamais rencontré, parce que quelque part un dirigeant affirme qu’un autre dirigeant pourrait peut-être fabriquer une bombe, alors que les puissances qui s’en inquiètent en possèdent déjà des milliers.

Cette comédie tragique devient épuisante.

La vérité est pourtant très simple.

Une guerre n’existe que parce que des soldats acceptent de la faire.

Sans soldats, il n’y a pas de guerre.

Soldats, la balle est dans votre camp.