J'en ai souvent parlé sur ce blog : la réaction fight or flight ou Combat / Fuite en situation de stress...
Cette réaction est celle dans laquelle nous tombons lorsque nous prenons la parole en public. Si vous l'apprenez aujourd'hui, sachez que pour des raisons de psychologie évolutive, la prise de parole est interprétée par notre cerveau comme une situation dangereuse. Nous prenons le risque d'être exclus du collectif (humiliation) et cette interprétation conduit au déclenchement d'un réflexe de survie, le même que celui que nous déclencherions dans un métro face à une terroriste…
Ça, c'est ce que nous croyions au début du siècle, avec les travaux de Walter Cannon...
Mais, les choses ont un peu changé, et je voudrais affiner ce concept avec vous aujourd'hui !
Stephen Porges et sa théorie polyvagale sont venus depuis 1994 compléter ce modèle.
Ce que nous dit Porges, c'est que les deux premières réactions restent vraies, mais qu'il s'en ajoute une troisième qu'il appèle "freeze". Le "freeze" n'est pas un corollaire de la fuite, il ne s'agit pas de faire l'autruche, il s'agit d'une réaction du système nerveux qui s'apparente à une forme de "shutdown" partiel. Le système nerveux se gèle pour limiter le risque et pour analyser la situation du mieux qu'il le peut.
Ce que cela donne lorsque vous prenez la parole et que vous reconnaîtrez peut-être : des trous de mémoire, des sensations de vide mental, la respiration qui se coupe ou se bloque et enfin l'impossibilité d'enchaîner.
Bien sûr, cette réaction est elle aussi issue du système nerveux autonome. Il n'est pas possible de la raisonner ou de la conscientiser.
Pour la contrer ou la minimiser, ce que vous proposais auparavant reste pertinent : respirer et préparer !