Il faut avoir le courage de regarder le bilan en face. Depuis trente ou quarante ans, des milliards ont été dépensés en séminaires, en workshops, en retraites, en méthodes censées nous rendre plus alignés, plus sereins, plus "congruents avec nos valeurs". Des salles entières en extase un vendredi soir. Deux semaines plus tard, rien. La même personne, les mêmes schémas, la même difficulté à être au monde. Le moment est peut-être venu d'accepter le constat : ce truc ne marche pas.
C'est comme si quelqu'un vous disait : "Tu vois flou ? J'ai inventé un truc formidable", et qu'il vous mette un micro dans l'oreille. Ça ne marche pas. Ce n'est pas le bon dispositif. Le jour où quelqu'un a inventé les lunettes, le problème a cessé d'exister. Plus personne ne cherche. On voit net, point final.*
Peut-être faut-il accepter d'autres hypothèses. Peut-être que ce qu'on cherche, cet état de plénitude intérieure stable, livré clés en main par un gourou ou un week-end immersif, n'existe pas.
Mais ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter de travailler sur soi. Ça veut dire qu'il faut le faire autrement. Le vrai sujet n'est pas de vous changer, vous. C'est de changer votre rapport au monde : la façon dont vous prenez la parole, dont vous écoutez, dont vous occupez l'espace d'une relation. C'est là, dans cet entre-deux, entre soi et les autres, que quelque chose peut réellement bouger.
C'est ce que je fais depuis deux décennies. Pas de magie, pas de promesse d'extase. Une compétence voulue, un processus compris et une pratique régulière, autour de la communication, de la prise de parole et de la relation. Quand on s'y tient, oui, ça marche. Non pas parce qu'on a trouvé la lumière, mais parce qu'on a fini par trouver les bonnes lunettes !
*J'ai piqué cette métaphore et cette idée de post au neuroscientifique Albert Moukheiber que j'ai vu en conférence récemment et dont je recommande chaudement le travail !...
