Je parle beaucoup, dans mon travail sur la relation à l'IA, de présence et de puissance. Mon hypothèse est simple : l'humain fait ce que l'humain fait de mieux — créer — et l'IA lui donne une puissance qu'il n'aurait jamais eue seul. Un modèle gagnant, selon moi. Pas une réponse à tous les défis que l'IA va poser à notre civilisation, mais au moins un contrepoint aux discours doom and gloom ambiants : un peu d'espoir en l'humain, qui franchement ne fait pas grand-chose pour le mériter en ce moment.
Aujourd'hui, j'ai eu envie de joindre le geste à la parole.
Depuis quelques jours, alors que je travaille sur la sortie de mon premier album après celle de mon premier EP, j'ai eu l'idée de sortir un album intitulé IA and I.
Le principe : je reste auteur, compositeur, interprète. Je fais ce que je sais faire. J'invoque ensuite la puissance de l'IA pour l'orchestration et tout ce que je ne maîtrise pas, et pour lesquels j'aurais autrefois eu besoin d'un directeur artistique et d'un producteur.
Il restait un problème de taille : l'IA ne savait pas modéliser ma voix. L'album pouvait exister, mais sans moi, ce qui me semblait vider le projet de son sens.
Depuis quelques jours, Suno v5.5 permet de cloner les voix.
Je vous soumets donc deux versions.
La maquette d'abord : ma composition brute, ma voix, rien d'autre, auteur, compositeur, interprète.
Puis la version Suno v5.5.
Qu'en pensez-vous ?
Je ne vous demande pas de juger de la qualité de la chanson, vous l'avez compris... C'est une maquette jetée sur mon téléphone en quelques minutes !
Ma question : pensez-vous que la créativité humaine pourrait, ou devrait, s'arrêter là ?
Pour vous, est-ce toujours de la création ?
J'ai vraiment hâte de vous lire.
Dans un ou deux ans, les aptitudes de l'IA à orchestrer ce genre de maquette devraient avoir atteint un niveau tel qu'il sera difficile de différencier ce que la machine peut produire de la production d'un studio d'enregistrement professionnel.
Cela peut soit nous angoisser, soit nous libérer...
