En général, les problèmes commencent quand quelqu’un clique sur « Partager l’écran ».
À cet instant, tout bascule. Votre visage disparaît pour devenir une simple vignette. Ceux de vos interlocuteurs deviennent décoratifs. La conversation promise se transforme en séance de projection, et vos collègues en spectateurs d’un document qu’ils auraient lu deux fois plus vite, seuls, derrière leur bureau.
Pire encore : le déroulé est souvent linéaire. Il empêche de réagir à ce qui se passe réellement dans la réunion. Une objection naissante s’éteint. Une question reste suspendue. Les regards décrochent, les esprits aussi. Vous avez pris un média conçu pour l’interaction et vous y avez enfermé un média conçu pour le monologue.
Vos interlocuteurs le perçoivent. Le manque de considération transparaît, même lorsqu’il n’est pas intentionnel. Projeter un document pendant une réunion revient à dire implicitement : je ne vous fais pas confiance pour lire, et je ne me fais pas suffisamment confiance pour parler.
L’alternative est d’une simplicité désarmante. Si le document existe, envoyez-le avant. S’il est vraiment décisif, interrompez la réunion deux minutes et laissez chacun le lire en silence. Les adultes autour de la table savent lire, et probablement mieux que vous ne présentez. Puis reprenez la conversation. La vraie. Celle pour laquelle chacun a accepté de consacrer une heure de sa vie.
Lire et interagir sont deux activités différentes. Une réunion qui les confond échoue presque toujours aux deux.
