lundi 11 mars 2013

Une innovation majeure

Il y a 20 ans, mon frère, un scientifique éprouvé a calculé que notre civilisation n’avait connu qu’une seule innovation importante par siècle pendant la plus grande partie de son histoire : l’imprimerie, la roue, la pénicilline...
Ce que traversait un individu au cours d'une vie ressemblait trait pour trait à ce qu’avait vécu son grand-père, quand ce n’était pas son arrière-arrière grand-père.

Il a observé que depuis la fin du moyen âge, le rythme de ces innovations de rupture s’est accéléré jusqu’à atteindre une innovation significative par an : du bebop à l’iphone en moins de 15 ans, de la Caravelle à l’airbus A380 en moins de 30 ans ! Il ne fait aucune doute que ce rythme va encore accélérer et que viendra un jour où nous serons un jour capables de produire une innovation nouvelle tous les jours, toutes les demi-journées, toutes les heures, toutes les secondes ?... Notre appétit de nouveauté est tel que nous pourrions l’absorber...

Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, et même si les sciences sociales, la psychologie et les neurosciences, on fait des progrès considérables, notre maîtrise de la relation, quelle soit tournée vers l’autre ou vers nous-mêmes reste un Everest inviolé.
Nous sommes encore aujourd’hui parfaitement démunis dans notre rapport à l’autre, prisonnier de nos émotions, de notre zone de confort, de notre terreur de l’humiliation, de notre « vieux » cerveau reptilien...

Le prochain Graal ne tient pas dans la paume de votre main et n’est pas un objet nomade, une merveille de miniaturisation, mais bien vous-mêmes, connectés à cette capacité de vous tenir devant le monde sans aucune peur et prêt à prendre tous les risques.

Il est évident que cette « innovation » là ne sera jamais en vente dans un Apple Store !

vendredi 8 mars 2013

Réveillez le reptile qui est en eux !

L’être humain est ainsi fait : c’est son cerveau reptilien qui prend les décisions.
Vous pouvez vous leurrer et prétendre que toutes vos décisions sont rationnelles, cela ne changera rien au fait que votre cerveau reptilien est celui qui décide et votre cortex celui qui se charge ensuite de rationnaliser.
Toute décision est émotionnelle.
Investir 500 millions d’euros dans un projet : émotionnel
Construire un nouveau siège : émotionnel
Lancer un produit innovant : émotionnel

Si vous voulez que votre auditoire adhère à vos idées et s’engage à faire ce que vous souhaitez qu’il fasse... (Ce qui devrait être l'objectif de toutes présentations professionnelles sensées). Il va vous falloir parler à leurs cerveaux reptiliens !
Inutile d’argumenter pendant des heures et de vous adresser, comme vous pensez judicieux de le faire, à leur cortex (avec vos centaines de slides d’explication sur le pourquoi et le comment !). Ce n’est pas lui qui décide...
Il vous faut parler le langage des émotions. Toucher votre auditoire et les emmener en voyage. Un voyage émotionnel.

Vous n’avez pas le choix.

Lors de votre prochaine présentation, sachez à qui vous parlez ! Adressez-vous directement à celui qui prend les décisions : le cerveau reptilien !

jeudi 7 mars 2013

Tout parle !

"... tout est une voix et tout est un parfum ;
Tout dit dans l'infini quelque chose à quelqu'un ;
Une pensée emplit le tumulte superbe.
(...)
Tout parle.
Et maintenant, homme, sais-tu pourquoi tout parle ?
Ecoute bien. C'est que vents, ondes, flammes,
Arbres, roseaux, rochers, tout vit ! Tout est plein d'âmes !"


Victor Hugo
(Ce que dit la Bouche d'ombre)
Les Contemplations (1856)
livre VI, Au bord de l'infini, XXVI







mercredi 6 mars 2013

A chaque fois que vous ouvrez la bouche

Vous faites une présentation à chaque fois que vous ouvrez la bouche !

A chaque fois que vous argumentez, que vous défendez votre point de vue dans une salle de réunion, que vous discutez avec un ami ou un collègue au moment du déjeuner, vous disputez avec votre compagne ou votre compagnon, vous faites une présentation.

La plupart des décisions importantes de votre vie se sont prises à l’issue de présentations. La plupart des décisions professionnelles que vous serez amenés à prendre le seront aussi à l’issue de présentations.

La présentation, c’est à dire vous tenir devant un auditoire avec un objectif d’influence est un moment récurrent et central dans votre vie.

La question qui se pose : quel est votre niveau d’efficacité lorsque c’est à votre tour de parler ?

mardi 5 mars 2013

L'assurance des plus grands...

Le charisme d’un orateur vient de ce qu’il est certain de son effet et des résultats qu’il souhaite obtenir.
Il ne s’agit pas d’arrogance, mais de cette confiance  qui permet de dire : « Je me tiens devant vous et vous pouvez me juger ; je sais que ce que j’ai à vous dire est important et je veux que vous l’entendiez comme je m’apprête à vous le présenter. »
C’est la certitude du garagiste qui vous demande de revenir dans un quart d’heure une fois que la panne sera réparée, celle du plombier qui vous annonce qu’il ne lui faudra que 5 minutes pour réparer une fuite.

Cette force tranquille et cette maîtrise auront toujours un effet formidable sur un auditoire.
C’est toute la différence entre quelques bullet-points sur une slide et une anecdote imagée et personnelle qui nous parle, à laquelle nous pouvons nous identifier...

La confiance d’un orateur est corollaire à la simple certitude que cela va marcher. Que le temps d’anticipation, de préparation et de répétition est suffisant pour garantir que tout se passera bien, quoiqu’il arrive.

C’est cette confiance qui permet de faire face au public, de les regarder dans les yeux, de s’offrir à leur jugement sans se cacher et de dire haut et fort ce que vous êtes venus dire.

lundi 4 mars 2013

Le talent se fabrique

La croyance que certains d'entre nous ont quelque chose à la naissance : un talent ou un don est l’une des croyances les plus solidement implantée dans notre inconscient collectif.

Doué ?
Talentueux ?
Elu ?

Ce ne sont là que des conséquences...

Le choix de progresser décide de pratiques
Ces pratiques deviennent des habitudes
Ces habitudes deviennent expertises
Ces expertises sont qualifiées de talent
Ce talent est perçu comme un don !

Personne ne nait doué, talentueux ou élu...

Vous pouvez le devenir !

vendredi 1 mars 2013

Comment sortir de la guerre des prix ?


Le tableau ci dessous est éloquent !





Je le tiens d’une vidéo de Monsieur Kawasaki. Rien à voir avec les motos : Guy Kawasaki est un ancien collaborateur d’Apple et aujourd’hui conférencier.

Ce tableau illustre les différentes positions que peut prendre votre offre ou votre service en terme de valeur et d’unicité aux yeux de vos consommateurs. Dans une économie non planifiée, comme l’est encore la nôtre (!), vos consommateurs continuent d’acheter les produits que vous leur offrez principalement en fonction de ces deux variables : quelle valeur ce produit aura pour eux : valeur d’usage, de reconnaissance, de plaisir, etc. et en quoi ce produit est unique, différent, remarquable par rapport aux autres produits qui lui sont disponibles.

La partie du graphe où vous souhaitez vous trouver est vite identifiée : en haut et à droite ! Vous apportez une vraie valeur à vos clients et votre produit est unique, différent, remarquable. C’est là que se trouvent une entreprise comme Apple, mais aussi le restaurant du coin qui fait une pizza si particulière et cet épicier qui est ouvert jusqu'à 23h et qui est si accueillant... Plus facile d’être là haut quand on est petit et flexible. Cela dit, y parvenir quand on est gros et que jouent les effets d’échelle et c’est la fortune assurée. Dans des proportions difficile à décrire. La réserve de cash d’Apple, par exemple, au moment où j’écris ces lignes est évaluée à plus de 137 milliards de dollars !

La position en haut et à gauche est amusante. Vous l’avez sûrement croisée : vous ne créez aucune valeur, mais vous êtes uniques. C’est celle de votre oncle qui a une super idée depuis 25 ans dont personne ne veut, ou de votre grand-père inventeur, qui garde dans ses cartons le secret de la poudre à congeler les oeufs carrés. Pas de valeur perçues par le consommateur, pas d’avenir ! Au passage, ils confondent entêtement et ténacité... mais c'est un autre sujet...

En bas et à gauche illustre une position intéressante et nécessite une conjonction d’éléments assez particulière. Guy Kawasaki donne l’exemple des « petfood.com ». Comment au tournant des années 2000, à un moment où n’importe quelle idée de site web était sensée créer des millions de dollars de profits potentiels, sans qu’on sache ni comment ni pourquoi, des business angels se sont convaincus qu’il fallait tout financer ! Par peur de passer à côté de LA bonne idée. D’où l’existence d’une pléthore de sites de livraison de nourriture pour animaux. Ces sites ne créaient aucune valeur pour le consommateur, puisque acheter la nourriture pour animaux online revenait plus cher que l’acheter dans une grande surface. Elles ne proposaient absolument rien d’unique. Elles n’auraient jamais du exister. Pourtant, un moment d’hystérie collective en a permis l’existence.
Elles ont toutes disparu aujourd’hui ! Sans aucune exception.

La position qui m’intéresse aujourd’hui est en bas et à droite. Il y a création de valeur, mais rien pour distinguer les acteurs entre eux. Ce qui se passe : une concurrence acharnée sur les prix. Le problème : c’est une spirale sans fin de laquelle personne ne sort vainqueur, ni les entreprises, ni les consommateurs... Parce que s’il est une chose que reconnaît le consommateur, c’est ce qui a de la valeur pour lui et il est prêt à en payer le prix. La compétition sur le prix ne fait que dire au consommateur que ce que vendez n’a pas de vraie valeur. Vous lui enlevez l’envie de payer pour ce que vous avez à lui offrir.  Moins il paye, moins il a envie de payer parce que moins il paye moins l’unicité de votre produit lui apparaît. Vous voilà devenu lessivier.

Le seul moyen de sortir de là, c’est de trouver ce qui va rendre votre produit unique aux yeux de vos consommateurs, ce qui va de nouveau lui donner envie de payer pour bénéficier de vos services et pas de ceux de votre concurrents. Qu’est ce que vous avez de spécial, de différent, d’intéressant... D’intéressant !

La seule façon qui me vienne à l’esprit est celle de se réinventer, de se repenser.

Renouveler la vision que vous avez de vous-mêmes en tant qu’organisation exige beaucoup plus que simplement faire plus et mieux de ce vous faites aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que c’est exactement ce que vont faire vos concurrents.

Comment se réinventer ? Comment repartir de rien ?

Je pense que cela commence par eux. Equipes. Collaborateurs. Ils sont le réservoir à idées. Le potentiel de rupture.

Mais bien souvent, ils ne sont pas prêts !

Ce que j’aurais à dire si une entreprise dans cette situation s’adressait à moi tiendrait en trois mots-clés, aucun d’entre ne se prétendant être une solution à lui seul, chacun d’entre eux en étant probablement partie :
Le premier : Connectés.
Est-ce qu’il ne serait pas plus intéressant de travailler avec des collaborateurs, un boss ou une équipe capable d’être en lien avec leur environnement et avec le monde qui les entoure. Des gens qui en comprennent les aspirations, les rêves et les réalités. Des gens capables de stimuler ceux qui les entourent. Des gens qui montre le chemin !
Le deuxième : Généreux.
Travailler avec des gens qui ont compris que la seule façon d’avancer et d’aider les autres à avancer eux-mêmes. Des gens qui travaillent dans le respect, la dignité et la conscience.
Le troisième : Ouverts.
Enfin, travailler avec des individus qui sont ouverts aux idées nouvelles, intéressés par l’exploration et l’inconnu, des gens dont le but n’est pas de refaire ce qui a déjà été fait la veille un petit peu mieux, mais qui désirent faire quelque chose qui ait du sens et de l’intérêt, pour eux et pour tous ceux qui les entourent.

Je pense que si ces qualités sont réunies, tout est possible. Notamment retrouver le coin supérieur droit du graphe. Le problème en temps de crise : la peur ! La peur d’échouer, d'empirer les choses, d’avoir l’air ridicule, de faire différemment des autres. Cette peur qui nous replie sur nous-mêmes et nous déconnecte des autres.

Savoir présenter, savoir s'ouvrir aux autres est à mon avis l'un des outils de transformation les plus puissants qui soit.

La peur vous indique une autre direction. Pas d'autre solution que de l'affronter.