Dans la vie, beaucoup de choses se ramènent à une seule question : puisque l’autre compte autant dans mon existence, comment est-ce que je me comporte avec lui ?
Aucun être humain ne survit seul. Nos ancêtres le savaient au fond de leurs cavernes, et c’est sans doute plus vrai encore aujourd’hui. Qui me nourrit, qui me transporte, qui trace les routes que j’emprunte, qui m’héberge quand je suis loin, qui me paie à la fin du mois ? Derrière chaque geste ordinaire de ma journée se tient quelqu’un d’autre, le plus souvent invisible. Nous sommes interconnectés en profondeur, bien au-delà de ce que nous acceptons de voir.
Pourtant, dès que cela nous coûte, nos valeurs et nos comportements nous poussent à malmener celui qui rend nos vies possibles. Une sorte de folie originelle : scier en permanence la branche sur laquelle nous sommes assis. Nous en venons à détester ce qui nous fait vivre, à rejeter ce reflet dans le miroir, alors que nous ne sommes rien sans le regard que l’autre pose sur nous.
Pourquoi ce détour philosophique dans des billets consacrés à la communication ? Parce que s’ouvrir à l’autre commence exactement là. Trouver les clés d’une parole juste, trouver ce qui doit être dit pour créer le lien, relève d’une complexité et d’une profondeur infinies. Cela se traverse, se découvre, s’explore. Et parfois, cela s’apprend.
À l’issue de ma dernière animation, quelqu’un m’a confié : « C’est aussi une joie d’aller vers l’autre en sachant ce que je fais, ou ce que je suis capable de faire. »
Évidemment. C’est même la plus grande des joies.
Être avec.

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