lundi 29 février 2016

Too much...

Voilà déjà plusieurs fois que j'assiste à un phénomène qui me laisse pantois.
Certaines personnes se désabonnent de ce blog ou me font parvenir des commentaires parce que, selon elles, il y a trop de billets ! Un billet par jour leur semble excessif ! Elles ne peuvent pas suivre !

Surprenant…

vendredi 26 février 2016

Les trois questions de Stanislavky...

 Alors qu'il étudiait ce qui rendait un acteur crédible sur un plateau, ce qui permettait à l'auditoire de comprendre et de se connecter à ce que vit l'acteur, Stanislavski a découvert que cela tenait en trois questions :
  • Qui suis-je ?
  • Pourquoi suis-je ici ?
  • Qu'est-ce que je veux ?

L'acteur doit être en mesure de répondre à ces trois questions à chaque instant de sa présence sur scène, sinon sa performance devient fabriquée, inauthentique…


À bien y regarder, cela vaut certes pour l'acteur, mais cela vaut aussi pour chacun d'entre nous… Et être en mesure de répondre constamment et fermement à ces trois questions à chaque instant de notre vie demande courage et résolution…

jeudi 25 février 2016

La vraie vie !

Nous sommes aveuglés par la notion de normalité. Nous avons tous été programmés à croire, parce que c'est tout ce que nous avons vu au moment de notre enfance, qu'une vie normale correspondait à un mariage, deux ou trois enfants, une maison, la dette qui va avec et un job de 9h à 18h, un patron à contenter et une carrière la plus linéaire possible…
Mais cette vision de la normalité n'est qu'une illusion. Ce n'est pas ça la vie ! Ce n'est pas ça le rêve ! Ça peut l'être, certes, mais ce modèle n'a pas à correspondre à tous et quelles que soient les circonstances.


Surtout, tous ceux qui ne suivent pas ce modèle ne sont pas des marginaux ou des excentriques ! Le chemin qu'ils ont choisi est tout aussi honorable et sensé !

mercredi 24 février 2016

Inintéressant ?...

Il y a peu on m'a proposé une interview sur le thème du "Storytelling". Après avoir expliqué de quoi il s'agissait, il m'a été répondu que le sujet ne présentait pas un intérêt suffisant pour des lecteurs issus du monde professionnel.
Pourtant, nous vivons d'histoires.
Nous sommes ce que nous racontons. Nous sommes toutes ces histoires que nous inventons et qui a force d'être racontées deviennent notre identité.
Nous sommes histoire.
Seule cette fraction de seconde que nous appelons Présent est réelle.
Tout le reste, Passé et Futur sont des histoires…
Pour beaucoup, l'intérêt de maîtriser ce qui fait une bonne histoire n'est pas encore évident…
Comme un éléphant au milieu du salon, le sujet le plus important de toute communication est là, qui vous crève les yeux.


Il n'a jamais été aussi facile d'être borgne au pays des aveugles, voire totalement voyant ou pays des aveugles !

mardi 23 février 2016

La force du système...

C'est qu'il est arrivé à vous faire croire qu'en dehors de lui, il n'est point de salut !
La terreur des parents qui souhaitent donner à leurs enfants une éducation différente : les sortir du système… Comment vont-il revenir dans le système ? Le système les acceptera-t-il si nous les éduquons différemment…
La force du système est d'avoir su créer cette peur, d'avoir su vous convaincre de sa toute puissance et que si vous décidiez d'en sortir ou d'en extraire ceux que vous aimez, il allait vous en coûter cher !
Ceux qui changent les choses se soucient peu du système. Est-ce à dire qu'au moment de le quitter ils n'ont pas senti leur gorges se serrer et cette peur du vide ?

Ceux qui recrutent, ceux qui recruteront vos enfants demain ne se soucient déjà plus du système et de ses avatars : diplômes, CV, éducation, milieu…

lundi 22 février 2016

Le fin du fin...

La plus grande leçon que peut apporter le métier d'écrivain est de se rappeler que quelque soit le projet, la présentation, l'histoire que vous souhaitez raconter, il est essentiel de toujours commencer par la fin. Ou voulez-vous aller, où voulez-vous en venir, quel est l'objectif de tout cela, pourquoi parlez-vous ?
La meilleure manière d'échouer serait de se lancer au hasard, d'avancer sans préparation, sans plan, sans connaissance et sans reconnaissance. Vous êtes certain de finir par vous perdre et votre projet de disparaître corps et biens !
Mais il est tout aussi impossible de réussir si vous préparez à l'excès, de vouloir vous assurer que tout est là, que tout est sous contrôle et que rien d'inattendu ne se produira…
Une bonne préparation commence toujours par la fin. Il devient alors facile de remonter jusqu'au commencement qui donnera lieu à ce final.


Pour une présentation, pour toute prise de parole, cette fin devrait toujours être incarnée par une action.

vendredi 19 février 2016

A vous de jouer...

Les gens n'ont que le pouvoir que vous leur donnez.
Si vous reconnaissez que telle entreprise ou tel recruteur ou tel professeur peut décider de votre valeur, de vos qualités, de l'adéquation entre votre âge et vos capacités, vous vous rangez dans la catégorie de ceux qui attendent d'être sélectionnés pour faire ce qu'on leur demande de faire.
Je sais que c'est là une description assez précise de la façon dont notre monde fonctionne aujourd'hui. Le modèle est un modèle d'obéissance. Parce que c'est plus simple. Quelques-uns décident et les autres exécutent. Ceux qui décident finissent par croire qu'ils ont quelque chose en plus, se voient d'un droit spécial, ils inventent un ou plusieurs dieux, embobinent les autres dans cette croyance étrange, façonnent tout un fatras de traditions et de règles pour assurer la longévité de ce système et le tour est joué.
En dépit du poids des ans, tous ceux qui disposent d'un pouvoir n'en disposent que parce que nous le leur donnons. Dès l'instant où nous questionnons ce pouvoir, quelque chose change.
Si vous sentez que vous pouvez devenir un artiste reconnu passé la cinquantaine, il ne vous faudra pas longtemps avant d'entendre que c'est une folie, qu'il est bien trop tard, qu'il existe un principe de réalité, que vous n'aurez jamais le temps, ni la patience, ni les ressources, ni le mental, ni le réseau… En écoutant ce que ces gens disent, vous leur donnez un pouvoir qu'ils n'ont pas. Vous leur donnez le pouvoir de vous rappeler que vous devez obéir et que cette obéissance ne passe pas par votre développement personnel.


La réalité reste que cela représente une masse considérable de travail et d'efforts et d'inconfort, mais cette réalité vaut mieux que les rêves (cauchemardesques) dans lesquels il nous est demandé d'évoluer…

jeudi 18 février 2016

Vous avez dit "Sceptique"...

Best seller du moment : "le charme discret de l'intestin". Si vous doutez encore de la magie du corps humain, ce livre vous rappellera tous les miracles qui se déroulent en vous sans que vous en ayez même conscience.
Dans son introduction, l'auteure nous livre qu'elle a lu toutes les pages de son livre à sa sœur et que cette dernière, parfois, la regardait un rien désolé pour lui répondre "Celle là, tu vas devoir la refaire."
S'il n'y avait pas eu cette complicité et le scepticisme de sa sœur, il est probable que le livre n'aurait pas eu le succès qu'on lui connaît.
Être entouré de gens, d'amis, de collaborateurs, qui soient capable de vous dire : "il va falloir refaire, ce n'est pas bon, ce n'est pas assez bon", est l'une des choses les plus précieuses qui soient pour vous, votre carrière et votre épanouissement.

Vous devez vous entourer de gens sceptiques qui continueront de douter et de vous apporter leur regard sur ce que vous faites. Plus le succès sera au rendez-vous et plus ces gens seront précieux. Sachez les reconnaître et leur donner la valeur qu'ils méritent.

mercredi 17 février 2016

Une chute sans fin...

Nous craignons tous la chute, mais ce qui fait le danger de la chute, ce n'est pas la chute elle-même, qui est indolore, c'est le sol.

Bien souvent, en dépit de l'intensité de notre peur, il n'y a pas de sol !...
Il suffit de se lancer, de se jeter...

Il n'y a pas de sol...



Bien sûr, il n'y a pas de cuillère non plus...

mardi 16 février 2016

Gagner sa vie...

Une fois que vous disposez de suffisamment d'argent pour pouvoir vivre confortablement, avoir un toit suffisamment solide, pouvoir subvenir aux besoins de votre famille en habillement, nourriture, santé et habitation, ne plus sentir le poids de ce qui distingue la vie de la survie, bref, assurer l'ensemble de vos besoins essentiels, cela devrait être suffisant. Vouloir plus d'argent, c'est céder ou vouloir céder à tout un champs de croyances, d'histoires, de traditions…
La question qui se pose est : pourquoi en vouloir plus ? Pourquoi plus ? Pourquoi faire ? La question paraît saugrenu, mais elle se pose : une plus grande maison, même si cela est sûrement pratique (encore que…) ne vous changera pas et ne vous rapprochera pas de ce que vous avez à faire ou à créer ou à construire.
Le problème est que cette plus grande maison, sans en avoir l'air, va vous prendre quelque chose, car ce qui est plus grand doit être rempli. Et remplir le vide n'est pas une vie ! Que vous sentez-vous prêt à céder ? à quoi allez-vous renoncer pour gagner plus ? 


Une fois que vous gagnez suffisamment, le reste n'est qu'une histoire. L'argent que vous gagnez ne vous défini pas. Cet argent n'accomplira rien. Il n'y a que vous qui puissiez accomplir ce que vous avez à accomplir.

lundi 15 février 2016

Ce grand auteur...

Écrire un scenario est un travail d'une extrême complexité. Parce que cela demande d'avoir une maîtrise, au moins relative, de tous les métiers qui composent l'industrie du cinéma. Impossible d'écrire une scène correctement et d'espérer la voir filmée sans rudiment de lumière, de focal, de décor, d'histoire, de psychologie humaine ou animale et j'en passe !
En dépit de cette complexité, les producteurs ont la dent dure. Ils n'hésitent pas, et avec la meilleure des bonnes volontés, à exiger des auteurs que l'histoire changent de direction, que tel personnage ne soit plus aussi présent, absent, noir ou que sais-je !
Pour un auteur, c'est troublant. Soit mordre la main qui vous nourrit et refuser. Parce que c'est votre histoire et que vous ne pouvez en changer une ligne sans en détruire l'esprit. Soit aller dans le sens qui vous est demandé, parce que le pouvoir n'est pas de votre côté.

Pourtant, vous ne pouvez pas donner à votre client ce qu'il attend. Si les producteurs de TV avaient toujours eu le pouvoir, la télévision serait encombrée de "Magnum" et de "Plus belle la vie". Les producteurs ne sont pas les artistes. Ce qui a rendu possible la venue de séries comme "Breaking Bad", "Leftovers", "Downton Abbey" et tant d'autres, c'est qu'il a fallu quelqu'un pour tenir et prendre le pouvoir et les responsabilités qui vont avec.
Pour un auteur, surtout un jeune auteur, cela paraît déraisonnable et pour ainsi dire impossible. Même Emmanuel Carrère a quitté "Les Revenants" parce qu'on lui demandait de mettre son nom sur quelque chose auquel il ne croyait pas.


Mais si refusez d'aller dans cette direction, quand deviendrez-vous l'auteur que vous êtes vraiment ?   

vendredi 12 février 2016

Lire le mode d'emploi...

Il y a ce qui marche.
Il y a ce qui pourrait vous permettre d'avancer plus vite.
Il y a la frustration de devoir apprendre de nouveau quelque chose que vous pensiez maîtriser.
Une nouvelle machine, une nouvelle version d'un logiciel, une nouvelle interface… Tout cela n'est pas fait pour vous ralentir, bien au contraire. Et pourtant, nous rechignons tous à nous replonger dans ce que nous pensons savoir. Nous refusons de lire le mode d'emploi pour un photocopieur, un autocuiseur, une machine à café…
Lire le mode d'emploi, toujours, systématiquement…


Et puisque nous parlons de mode d'emploi, voici pour les fans du film "Alien", chef d'œuvre de Ridley Scott. Le mode d'emploi du système de destruction du Nostromo est traduit en français (en bas à droite !)… Une traduction approximative certe, mais qui le sait, qui a lu ce mode d'emploi avec attention ?!







jeudi 11 février 2016

Prise de parole en public ???

J'intervenais il y a quelques semaines pour une grosse entreprise. Une très, très grosse entreprise. Une session de formation à la prise de parole en public.
La session se termine et un stagiaire vient me voir et me dit : "votre formation m'a rappelé tout ce que j'avais accompli jusqu'à maintenant et à quel point je me repose sur mes acquis. Votre formation m'a redonné l'envie de devenir le PDG de cette entreprise !"

Lorsque j'entends des retours de la sorte, qui bien sûr, font de moi un formateur heureux et me donnent le sentiment du devoir accompli, une petite voix susurre en moi…

"Dire que tout le monde pense que je forme à la Prise de parole en public !!!..."

Travailler votre aptitude à dire et à oser dire pourrait bien vous emmener dans des endroits que vous ne soupçonnez pas et réveiller le leader et l'artiste qui est en vous et qui, peut-être, s'est endormi.



mercredi 10 février 2016

Sceptique… Jusqu'où ?

Lorsque vous êtes face à quelqu'un qui partage son expérience, vous soumet des idées nouvelles, vous propose de nouvelles idées, de votre attitude dépend le résultat de l'interaction qui en train de se produire.
Soit vous faites preuve de scepticisme, vous vous opposez. Vous vous fermez. Vous préférez la contradiction et le débat. Vous campez sur vos positions et voyez l'interaction comme un match.
Soit vous restez ouvert. Vous acquiescez avant même d'être totalement d'accord. Vous ouvrez le dialogue. Vous restez à l'écoute et vous laissez les propositions de l'autre venir enrichir ce que vous saviez.
De l'une ou de l'autre de ces attitudes dépend la suite des événements. D'un côté, toujours plus de ce que vous connaissez déjà. Cela marche peut-être pour vous aujourd'hui, mais cela ne sera pas toujours le cas. De l'autre, la possibilité de quelque chose de nouveau, d'innover, de découvrir. Plus risqué, plus déstabilisant, plus inconfortable, mais tellement plus riche.
Au bout du compte, c'est à vous de voir.

Croiser le bras et froncer les sourcils ou vous avancer dans votre chaise, sourire et accueillir.

mardi 9 février 2016

Intro, extra, même combat !

Je me vois et me défini comme un introverti. Je ne me donne aucune des qualités qui "définissent" les extravertis. J'ai plus de plaisir à regarder se lever le soleil, seul, au rebord d'une falaise normande que de danser toute la nuit dans la boîte du village voisin.
Pourtant, cela affecte-t-il ma confiance en moi et en cette mission que je me suis donné, ma capacité à créer et maintenir des relations riches et passionnantes avec mes sœurs et mes frères humains, à dire ce que j'ai à dire quand j'estime que c'est important, à influencer mes coachés, mes stagiaires à devenir meilleurs et permettre au leader qui est en moi d'agir et de prendre des risques : NON !
Dans un monde ou tout est réseau, tout est connexion et ou le plaisir d'une journée tient essentiellement dans la nouveauté des relations et des contacts créés, être introverti est encore perçu comme une tare. L'introverti est vu comme timides, reclus, solitaires et incapable de se tenir devant un public !
L'introversion est un état orienté par une gratification interne et le bien être mental de l'individu concerné. En substance, si vous êtes introverti, vous serez sans doute, comme moi, plus réservé, pas forcément le premier à parler et vous prendrez plaisir lors d'activités solitaires… Rien à voir donc avec la réclusion et la timidité. Mais quand le jour sera venu de montrer au reste du monde ce que vous avez à montrer, vous serez tout aussi capable de vous faire entendre !


Si vous vous pensez introverti et que cela vous retient d'agir, de commencer, de vous lever et de parler, de dire ce que vous avez à dire, c'est que vous vous cachez !

lundi 8 février 2016

Mourir comme un chat...

Les chats se cachent pour mourir. Les chats s'éloignent de ceux qui les ont aimé toute leur brève existence, sans un bruit, sans une annonce, sans drame et trouvent un lieu qui ne sera connu que d'eux où ils s'éteignent. Et quittent ce monde.
Existe-t-il une façon plus élégante de mourir. Mourir simplement. Comme une mission, la dernière. Une mission qui ne se peut remplir qu'avec soi-même. Mourir comme un chat. Avec élégance.

Il est possible de vivre comme meurent les chats. Avec la même élégance.

L'élégance d'être vivant, pour reprendre les quelques mots que j'utilisais à l'instant, c'est vivre avec simplicité, sans drame et trouver un lieu qui n'est connu que de vous, d'où produire votre art, en silence et parce que vous ne sauriez rien faire d'autre. De là, le donner au reste du monde sans bruit et sans paillette. C'est votre mission et une mission qui ne se peut remplir qu'avec vous-même. Il n'y a que vous qui puissiez faire ce que vous avez à faire !

vendredi 5 février 2016

De deux génies l'un !

Le mot "génie" est un mot fascinant.
Dans le langage commun, qualifier quelqu'un de génie revient à dire qu'il dispose de talents, de capacités hors du commun. Cela revient à faire de lui une sorte de surhomme, d'être supérieur par essence ! C'est parler de magie !

Le mot "génie" a deux origines et cela explique peut-être la terrible confusion qui existe autour de ce mot…

Génie vient d'abord du latin Genius. Genius était le dieu qui avait pouvoir de donner vie aux objets. Et Genius vient bien sûr lui-même du Grec ancien γεννάν qui signifie Créer, générer, former, façonner. Le génie est celui qui fait ! Et c'est tout. Donner vie aux objets, c'est ce que fait l'artiste lorsqu'il donne une âme à ce qui n'en avait pas : un bol, une toile blanche, une soupe à la tomate… En ce sens là, nous sommes tous des génies…

Puis est arrivé l'autre, le génie de la lampe ! Mais le génie de la lampe ne vient pas de Genius, mais du mot arabe Djinn جِنّ . Et le djinn est un personnage mythique , aussi farfelu et inventé que nos trolls, nos pères Noël et nos elfes ! En ce sens là, il n'y a sur terre pas plus de génies que de fées…

Alors d'où vient que nous soyons à ce point persuadés que des génies (au sens de Genius) soient en fait des génies (au sens de Djinn) et que nous donnions à ce qui n'est que travail et façon, la magie des elfes, des fées et des contes pour enfants !

Il n'y a pas d'autres génies vivants que ceux qui se réclament de Genius.
Et en ce sens, vous êtes un génie…

Et le génie que vous êtes doit se mettre au travail !

jeudi 4 février 2016

Roméo n'a pas épousé Juliette...

Nous la cherchons tous un peu… La passion.
Tous ces mots,  l'excitation, le frisson, sont tous synonymes de jeunes années, d'insouciance, de découvertes et de premières fois…
Et pourtant, en dépit de la belle représentation que nous en avons, la passion, le frisson sont trompeurs et même dangereux.
Ils sont périssables. Hautement périssable. Ce qui caractérise la passion, c'est qu'elle ne dure pas. Elle ne peut durer parce que ce qui la définit et ce que la créé ne peut durer. On ne peut voir sa compagne toute une vie comme si on la découvrait chaque matin. Cela ne veut pas dire qu'il ne reste rien à découvrir de l'autre au fil de chaque jour, mais cette découverte ne peut être passionnée. On ne peut vivre la joie intense d'un premier job et l'excitation de découvrir une nouvelle équipe, un nouveau patron, de nouveaux challenges tous les jours, parce que justement, c'est l'expérience qui vous donnera la crédibilité dont vous aurez besoin dans votre job. Et c'est bien cela ! L'expérience, l'excellence, le talent se construisent à force de répétition et la répétition réduit la passion à un simple feu de paille. Il n'y a rien de passionnant, d'excitant à répéter quelque chose. Il n'y a rien d'excitant à devenir excellent, ou si cela commence par l'être, cela passera vite et il ne restera que votre capacité à persévérer.

La passion est ce qui nous attire. La persévérance est ce qui fait que votre travail, votre relation, votre quête prend du sens. La passion n'appartient qu'à l'instant, mais ce sera votre travail.

mercredi 3 février 2016

Le rejecteur...

Notre peur de la rejection est terrassante. Notre besoin d'être reconnu et accepté tout aussi puissant.
Bien sûr, à la lecture de ces deux phrases, il est tentant de se voir rejeté et d'acquiescer… Mais il est aussi possible de se représenter en "rejecteur" ! Et rien n'est plus facile !
Un collaborateur vient vous présenter sa nouvelle idée, son nouveau projet, son envie et vous l'évincez, gentiment mais fermement, parce que ce n'est pas le moment, ce n'est pas son job, vous avez autre chose à faire, vous n'êtes pas dans un bon jour…
Le "rejecteur" en vous est tout aussi puissant et tout aussi destructeur que cette partie de vous-même qui ne supporterait pas de l'être. Et c'est tout le paradoxe.
Cette rejection peut avoir plusieurs origines, la plus terrible et la plus commune étant la jalousie. Combien de belles idées et de beaux projets se sont perdus parce que la personne à qui ils étaient présentés s'est senti diminuée et jalouse de ne pas avoir eu l'idée ou l'envie ou la vista elle-même.
J'ai en tête cette anecdote d'un jeune scénariste qui présentait son dernier script à un producteur. Le téléphone sonne une première fois pendant leur échange. L'interruption dure une vingtaine de seconde et après quelques excuses la présentation reprend. Puis le téléphone sonne une seconde fois et le producteur, ennuyé, annonce au scénariste qu'il doit prendre cet appel. Le scénariste comprend qu'il doit sortir et quitte la salle. 30 minutes plus tard, alors qu'il attend toujours, le producteur sort précipitamment de son bureau : "Je vous avais complétement oublié !".
Lorsque vous avez passé les deux dernières années de votre vie à peaufiner un scénario, un tel oubli est capable de saper votre vocation…

Bien sûr, l'histoire se poursuit. Bien des années plus tard, le scénariste n'est plus si jeune et inexpérimenté et des années d'expérience lui ont permis d'écrire un scénario que le tout Hollywood s'arrache. Le producteur s'y intéresse de près, tente d'obtenir un accord ; la réponse de l'auteur : "Moi, je ne vous ai pas oublié…".

mardi 2 février 2016

À cause de vous...

On vous le dit, on vous le répète… Pas de succès sans erreur… Tout n'est d'abord qu'une erreur, jusqu'à ce fameux moment ou cela se met à marcher.
Le problème reste : que faire quand vous êtes celui qui commet cette erreur. Que faire quand tout le monde considère que si cela ne marche pas, c'est que vous en êtes la cause et qu'à moins de supprimer la cause (c'est à dire vous !), cela ne marchera sans doute jamais…
Que faire quand le poids de l'erreur semble trop lourd à porter ? Quand l'erreur coûte, et coûte cher…
Rien.
Il peut arriver que vous planter coûte cher. Et s'il est vrai que ce n'est pas confortable, il n'est rien non plus que vous puissiez faire pour minimiser ces effets et leur désastre !
Pour cela, le professionnel prépare et prépare encore. Pour que l'impact potentiel de l'erreur puisse être minimisé en amont. Pour que l'erreur coûte moins cher. Pour que le risque d'une erreur devienne marginal.

Vous ferez des erreurs. Si vous vous lancez à la conquête de vous-même, il vous faudra en passer par une infinité de premières fois toutes plus inconfortables et risquées les unes que les autres. Certaines n'engageront que vous. D'autres engageront vos proches, vos équipes, vos amis. Votre responsabilité : préparer !

lundi 1 février 2016

Un ballon contre le statu quo...

Il est possible aujourd'hui de perdre un avion. Plusieurs centaines de tonnes, des centaines d'âmes à bord et tout cela peut disparaître sans laisser la moindre trace et sans que nous n'ayons la moindre idée d'une localisation possible.
Si l'on fait l'état des technologies disponibles, cela est presque ridicule.
Grâce aux progrès de la géolocalisation, nous sommes capables de miracles qui devraient faire du repérage d'un avion et de ses passagers une simple formalité. Et pourtant…
La récupération des boîtes noires de l'airbus A340 d'Air France qui reliait Rio et Paris aura pris plus de deux ans. Par une chance inouïe les deux ont données des informations exploitables !

Pourquoi ? En partie parce que le statu quo est plus fort que tout, parce qu'il ne paraît pas raisonnable de suivre un avion sur toute sa trajectoire, parce que les pilotes ne souhaitent pas être surveillés plus que nécessaire, parce qu'il n'est venu à personne l'idée de ce jeune américain qui voyant les images du vol d'Air Malaysia perdu corps et âmes et dont on ne sait toujours rien, s'est demandé pourquoi ne pas placer un ballon dans l'empennage des avions, ballons qui resteraient à la surface après avoir mémorisé les coordonnées de l'impact… Simple, évident, facile à mettre en place…
Les ingénieurs de Boeing ont reçu le courrier de ce jeune anonyme et étudient, au moment où j'écris ces mots, la faisabilité de cette idée.

Le problème n'est pas d'avoir des idées. Il est de savoir qu'une idée est possible là ou le statu quo, la pensée de tous, ce qui a toujours été fait, vous donne le sentiment qu'il n'est rien à faire.

Un grand merci à Jean-François pour cette belle histoire...